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 Fiction de Tenshi - Pray for my Surrender

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Tenshi-Kamoto
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MessageSujet: Fiction de Tenshi - Pray for my Surrender   Dim 20 Nov - 12:35

PROLOGUE

En des temps reculés, entre chaque pays des terres d’un Japon féodal, se menait inlassablement de sanglants combats de rivalités. Le pays du feu, du vent, du sable et du son, se heurtaient de façons parfois si violentes que chacun pleurait un dixième de ses effectifs à chaque affront. Afin d’y remédier, en désespoir de cause, on imposa des alliances aux différents princes et princesses disponibles, et engagés à prendre la succession au titre de Kage. La plus importante des alliances, se devait d’unir les pays du feu et du vent.

Neji Hyuga, alors âgé de vingt-cinq ans, avait jusque lors, toujours mené son pays au conflit, et se complaisait en ce pouvoir grandissant de ses ordres. Encré dans ses mœurs incestueuses, il était depuis toujours éprit de sa cousine, promise au prince du sable, Hinata Hyuga. On se douta bien dès lors, qu’il lui serait difficile d’honorer son peuple en acceptant simplement une union.

Pour ce faire, on lui chercha la jeune femme la plus magnifique qui soit entre les sœurs, filles, et cousines du Kazekage. Or, l’envoyé ne se satisfaisait d’aucune d’entre elles tant et si bien qu’on se désespéra de trouver épouse au jeune prince. La pression était si grande autour du kage, qu’au dernier moment, il prévint l’homme qu’il avait bien une fille qu’il n’avait pas encore présentée. Sa dernière, devenue prêtresse par amour des vertus. L’envoyé en fut ébloui. Il demanda son nom. On lui confia qu’elle se nommait Sakura. Elle avait pour vous plaire, un visage fin aux traits bien faits, une peau de porcelaine au milieu de laquelle brillaient deux émeraudes cristallines. D’une taille moyenne, elle affichait sa silhouette fine et élancée dans un ballet de finesses, cadeaux du ciel.

L’inconnu voulu la mener sur-le-champ avec lui, mais on le pria de bien vouloir prendre patience. En effet, la jeune prêtresse, rentrée depuis peu dans les ordres, dû se faire annoncer la nouvelle avant de se refaire bénir lors d’une cérémonie officielle. On lui offrit un délai d’une semaine pour faire ses adieux à parents et pays.

***

A trois jours de marche, au pays du feu, Neji, appelé par le conseil, fut annoncé de la venue prochaine de sa future épouse. De ses paroles fielleuses, il émit son avis sur la question sans pour autant obtenir gain de cause. Le soir même, Hinata recevait, en compagnie de son père, la visite du Sunakage Gaara. L’entretien se fit en bonne et dus forme. Les deux jeunes gens semblaient se plaire, et l’on arrêta très vite une date. On décida plus tard qu’Hinata rejoindrait le pays du sable, le lendemain des noces de son cousin.

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Tenshi-Kamoto
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MessageSujet: Re: Fiction de Tenshi - Pray for my Surrender   Dim 20 Nov - 12:37

I

La Faille


La semaine se passa comme convenue, avec plus de rapidité qu’une course de soleil.



Lorsque s’acheva le septième jour et que l’astre descendit vers l’horizon, plongeant le ciel dans un subtil mélange de couleurs tendres, Sakura se tint prête. Ses effets avaient tous été envoyés le jour même où l’on mit fin à sa jeunesse. Depuis, elle n’avait été vêtue que d’amples robes aux matières légères. Dans un besoin de confort, ses sœurs, lui prêtaient ce dont elle faisait usage au quotidien. A l’intérieur de ce qui fut sa chambre, ne restait plus qu’un matelas grossièrement posé sur les lattes du lit forgé. Ses draps lui avaient été retirés dès son lever. Elle se sentait à présent plus seul qu’elle ne l’avait jamais été.

Comme on le lui avait commandé, elle plaça sur son visage un fin masque d’argile blanc, semblables aux masques portés par les actrices de Noh. A sa panoplie, elle ajouta un long capuchon, s’arrêtant à ses chevilles, lui cachant le visage dans son intégralité.

A peine fut-elle apprêter, qu’une main vint se poser sur son épaule. Elle sursauta, fit volte-face, toute prête à crier. Elle n’en fit rien, noyée dans une paire d’yeux comparables à l’océan d’un jeune homme au visage d’Apollon, et à la chevelure rayonnante. Elle le compara dans ses pensées à l’illustre Phoebus.



_« Mon nom est Naruto Uzumaki, je suis envoyé par le pays du feu pour vous conduire à votre époux. »

Pour gagner sa confiance, il sortit une lettre cachetée confirmant son identité. Elle approuva, et sans plus un mot, il la fit monter sur son dos, lui ordonnant de bien se maintenir à sa nuque, puis partit à une vitesse fulgurante, parcourant tel une flèche, l’imposante forêt séparant les deux territoires.



Les heures défilèrent, inlassablement, laissant apparaître le même paysage. Bercée par le souffle du vent sur son corps recouvert ainsi que par la course effrénée de son protecteur, l’ancienne prêtresse se laissa glissée dans les bras de Morphée. Ses yeux se rouvrirent aux premières heures du jour, et avec l’apparition du matin, une envie folle de se dégourdir un peu les jambes. Elle appela l’homme chargé de la mener à son calvaire, mais ce dernier ne sembla pas disposer à faire escale.



_« Uzumaki-sama, j’aurais besoin d’une pause, Répéta la jeune femme sans plus de succès.

_ Uzumaki-sama, arrêtons-nous s’il vous plaît ! »



Pas un mot. Elle continua pourtant de geindre sans obtenir le moindre ralentissement. Fatiguée qu’il ne s’exécute, elle relâcha son étreinte, chutant alors à toute allure vers le sol. L’ambu sursauta devant ce spectacle, avant de se ruer vers la silhouette dégringolant. Il parvint dans un ultime effort à la rattraper au vol avant de les retenir tous deux à une branche, à quelques mètres du sol.



Il maintenait à présent fortement le corps de la jeune femme contre lui et s’apprêta à la gronder quand soudain, le masque d’argile qui lui recouvrait le visage se fissura dans sa totalité en plein milieu de la figure. Se brisant en morceaux, le cache dégringola, dévoilant la beauté de la demoiselle aux yeux de l’ambu. Ce dernier ne put dire un mot. Ensorcelé, voilà qui le qualifiait bien. L’exquise prêtresse quant à elle, n’osa point sourciller de peur de recevoir une violente réprimande.

Alors, la branche céda sous leur poids, les faisant tomber lourdement à terre. Dans un souci de la préserver, Naruto avait pris soin de se cogner sur le dos, amortissant par son corps la chute de la belle Haruno.

Qui du choc ou de son parfum, lui tournait le plus la tête ? Il ne put y répondre, et se laissa simplement choir sur le tapis de feuilles mortes les ayant accueillis.



_« Uzumaki-sama ! Cria Sakura paniquée par la réaction de son protecteur. Et ce dernier rouvrit les yeux.

Ils se fixèrent sans plus comprendre ce qui les gênaient. La demoiselle, toujours allongée de tout son long sur le corps de l’ambu resta dans cette position. Leurs yeux ne pouvaient plus ce déférent l’un de l’autre et déjà, la prêtresse sentait son cœur battre la chamade. Comme un avertissement du ciel, la pluie se déversa alors sur eux, les rappelant à l’ordre.

Naruto se redressa, passa un premier bras sous les jambes de la fiancée, l’autre la maintenant contre lui, il la porta telle une princesse, tentant de la protéger de la pluie avec son torse.



_« Nous nous arrêterons lorsque la pluie aura cesser. En attendant cachez votre visage pour plus de sûreté. L’ennemi est partout.

_ Pardonnez-moi… Pour tout à l’heure. Je n’aurais pas dut vous lâcher ainsi. J’ai été idiote.

_ Inconsciente serait un terme plus approprié. »

Rougissante, elle se tue le temps que les intempéries prennent fins.



§§§



A quelques milles de là, enlacé dans un kimono de soie, assis devant les portes coulissantes donnant sur le jardin d’hiver, Neji songeait. De partout on lui avait conté l’arrivée prochaine de sa future épouse. On disait d’elle qu’elle n’était que vertu et beauté, innocence et courage. On révéla au Hokage que sa promise fut prêtresse, avant de se sacrifier pour la paix, et que son sens du sacrifice était tel qu’il aurait à la prendre en exemple.

Cet amas de perfection lui réchauffa le cœur d’une part, lui embrouilla l’esprit de l’autre.

La veille, il avait eu l’occasion de rencontrer le prince du sable, accompagné de son épouse, Hinata. Neji, devant un tel spectacle tenta de rester imperturbable, en vain. Dans toutes ses politesses, se mêlaient une rage condensée par la jalousie, et un profond mépris pour l’être qui allait pouvoir profiter jusqu’à son dernier souffle des grâces de sa charmante cousine.

Cette fleur qu’on lui promettait serait-elle une véritable consolation ou au contraire, un obstacle en plus dressé devant son cœur ?

Plus il tentait d’apaiser son propre courroux, et plus ce dernier s’envenimait.



Ce fut alors qu’on vint à sa rencontre. Celle qui s’agenouilla à son côté, s’appelait Tenten. Elle était une des servantes du domaine. Le jeune chef s’était pris d’affection pour elle lorsque la demoiselle, de quatre ans sa cadette, était venue lui quémander du travails, il y’avait maintenant deux années de cela. La toute jeune fille lui déposa une tasse de thé entre les mains, attendit. Elle se savait sa confidente, et était seule au courant du terrible désir qui meurtrissait son maître. Elle n’eut pas besoin de mot dire que déjà, le Hokage entrouvrit les lèvres :

_« Je vais devoir me marier, Commença t’il d’une voix anormalement douce. Celle que l’on ma choisie ne tardera pas à nous rejoindre.

_ Comment est-elle ?

_ Une fleur à la beauté éclatante, pleine de charme et de vertus. On m’a promis en elle l’élan de perfection que tout homme recherche.

_ Cela ne vous contente t’il point ?

_ Je n’en ai pas la moindre idée. Elle n’est pour le moment qu’une bien douce illusion, je te la décris sans la connaître et elle ne remplacera jamais en mon cœur ce que fut et sera toujours celle qui m’est interdit.

_ Ne vous avancez pas trop vite sur vos sentiments. Peut être vous consumerez vous pour cette femme tant et si bien que votre chère cousine ne sera bientôt qu’un douloureux souvenir en votre mémoire.

_ J’en doute fort, j’ai la sensation que l’être qui m’est lié par le sang est une représentation utopique de l’amour.

_ Allez le dire à ce pauvre Seigneur Gaara

_ Pauvre ? Il m’a l’air pourtant bénie de toutes les fortunes qui soit en ce monde. Chaque jour qui fut était un combat menant à de nombreuses victoires, le tout dans un luxe concurrent le miens. Quant à chaque jour qui sera, il le passera en la compagnie de mon bonheur échappé. Quelle douce satisfaction il lui serait faite s’il venait à connaître mon tourment !

_ Et pourtant mon bon prince, Continua la demoiselle sur un ton qui cette fois-ci, laissait transparaître sa compassion, ce Gaara, hier, que je rencontrais en ses appartements pour lui porter son thé, s’est confié à moi, comme vous vous confiez à présent. »

Le visage du Hyuuga pâlit subitement à cette annonce. Se redressant légèrement, il fronça les sourcils devant cette révélation :



_« Comment ? ! Tu te fais confidente d’un autre maintenant ? ! Et de mon ennemi attitré qui plus est ! Dans quel camp es-tu ? Ne m’aurais-tu trahis ?

Choquée de ces propos, Tenten s’outragea encore davantage que son seigneur.

_ Vous êtes sot de me croire ainsi, j’espérez que vous auriez pour moi un peu plus de considération. Vos secrets sont les miens. J’écoute mais ne dis mot, et l’on me torturerait des jours et des nuits qu’il en resterait de même ! »



Son emportement rassura Neji qui comme excuse, lui caressa la joue avec délicatesse, d’un revers de main, et d’un regard tendre.



_« Pardonne moi je suis idiot, et je m’emporte. Si tu le veux bien, me confierais-tu ce que t’as dit mon rival ?

_ Vous avez de la chance que je vous soit dévouée toute entière, et que je ne m’autorise pas à faire à d’autre ce que je vous privilégie.

_ J’ai conscience de ma chance. Parle maintenant ma douce Tenten. »

Et elle commença son récit :

_« Alors que je m’introduisais prêt de lui, le jeune prince du sable me retint. Longtemps nous nous sommes regardé, et comme vous le faite si bien, après un ample silence, il entrouvrit les lèvres, et m’ouvrit son cœur. Ne méprisez point cet homme, il est tout aussi condamné que vous. Son tourment est différent cependant : Il a le malheur d’aimer la fille unique du grand conseiller de Suna. Cette fille fut longtemps son élève du temps où il n’était lui-même qu’un simple héritier. Craint de tous, pour son visage si étrange, il resta seul trop longtemps. Même son frère et sa sœur aînée lui avaient tourné le dos. Et elle seule l’admirait. Ne voyez pas en lui qu’un être aux étranges caractéristiques, car je ne sais comment vous l’avez interprétez hier, mais moi-même je fut interloqué par la couleur de ses yeux, à la fois verts et bleus, d’une telle clarté qu’on le croirait aveugle, contrastant avec sa chevelure comparable au sang. Je garderais sous silence la blancheur de sa peau. Ce tout est effrayant, et magnifique à la fois.

Neji fit la moue. La servante se perdait dans trop de descriptions ne concernant pas le sujet abordé. Il lui rappela, elle continua :

_ Comme je vous le disais, une seule femme avait trouvé grâce à ses yeux. Mais comme de bien entendu, il n’y avait dans cette alliance rien de plausible. La simple idée qu’il puisse prendre sa main et la demoiselle serait exilée en couvent, et le pauvre Sunakage perdrait à coup sur sa place. Qui sait si ce sinistre chambellans ne l’enverrait pas tout droit vers la potence ! Il m’a confié que ce sort avait été réservé à tous les prétendants de la demoiselle.

_ T’as t-il confié le nom de cette femme ?

_ Une certaine Matsuri si je ne me trompe

_ Pourquoi ne la courtise t’il pas en secret ? Lui a t’il dévoilé ses sentiments ? Pourquoi tant de précautions ?

_On pourrait vous retourner les même questions Neji-sama »



Le Hokage se tue alors. Évidemment, quel idiot. Il faisait à d’autre le reproche que l’on pourrait lui faire à lui-même.

_ « Nous sommes liés par le sang, mes sentiments sont maudits de Dieu, et pas simplement désapprouvés d’un homme puissant… et certainement corrompus par les même mœurs que moi pour préserver avec une telle détermination la vertu de sa chair.

_ Ne vous rabaissez pas ainsi, votre choix bien qu’il vous soit lié par le sang, ne l’est du moins pas directement. On m’a conté des histoires où des cousins étaient si éloignés par les liens du sang qu’ils s’épousaient entre eux sans même savoir qu’en des temps reculés ils avaient été formés de la même racine. Comment croyez-vous que les grands nobles des clans tel que le vôtre fonctionnait en des temps reculés ? On se mariait entre cousins et cousines pour préserver le sang pur. Je vous prie comme à chaque fois de cesser de vous ronger ainsi. Vous n’êtes pas dans votre tord en aimant mademoiselle. Mais vous le sauriez à présent que son cœur est lié à un autre homme. Mademoiselle est droite, elle ne commettra pas l’adultère. Ne pleurer pas toute votre vie sur cette perte, voyez là heureuse et consoler vous au plus vite ! »

La main de Neji, restée sur la joue de sa confidente, l’attira alors à lui. D’une pression légère et doucereuse il lui vola un baiser, avant de la laisser partir.

_« Je te remercie pour tes bonnes paroles Tenten, tu n’es décidément pas gâtée par la providence, une âme si pure que la tienne mériterait d’être traité avec autant de respect que l’on salue ma personne. Va maintenant. Nous aurons certainement l’occasion de nous retrouver plus tard.

_ Bien maître, La salua Tenten, dont les joues s’étaient alors empourprées. Elle s’inclina profondément et s’apprêta à partir. A mi-chemin, la voix de Neji retentit à nouveau :

_ J’aimerais un jour t’entendre te confesser à ton tour. Tu garde tellement de précieuses paroles en toi, et préserve tellement les miennes. Je prendrais grand soin de te rendre la pareille. »

Ils se saluèrent de nouveau, puis Neji retrouva le gouffre de sa solitude. Tenten était d’une si bonne compagnie que dès l’heure de son départ arrivée, il se sentait encore plus encré dans la solitude qui avait précédé l’arrivée de la jeune servante.

Prenant une grande bouffée d’oxygène, il se leva. Un dernier regard vers le ciel et il referma le panneau derrière lui.
Dans la grande chambre du Hokage, la lumière fut si tamisé que ses yeux couleur de lune, durent attendre quelques minutes avant de s’habituer à la pénombre. Au dehors, on pouvait entendre le chant de l’alouette, et au-dedans la sensation d’une faille s’ouvrant dans les cœurs.


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Tenshi-Kamoto
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MessageSujet: Re: Fiction de Tenshi - Pray for my Surrender   Dim 20 Nov - 12:37

II

« Epargnez-moi »





Depuis le précèdent incident qui avait contraint les deux jeunes gens à s’arrêter en route, Sakura s’était faite silence. Pressée contre le corps de son protecteur, elle se noyait dans la honte qu’elle éprouvait pour ses actes immatures. Son gardien, quand à lui, semblait s’être définitivement concentré sur la route à suivre, et ne pipa mot de tout le trajet.



La veille, les intempéries s’étaient révélées si fortes que faute de chambre, l’ambu leur avait improvisé un campement sous les remparts d’une roche profondément creusée et recouverte de mousse. Il avait fait naître des flammes de ses mains, et se donnait corps et âme pour veiller aux bons soins de la jeune fille. Mais elle tremblait. Il l’avait donc pris dans ses bras. Elle s’y était endormie. Au matin, après avoir maigrement déjeuné, ils avaient repris la route, le tout sans un mot, ni un regard comparable au premier qui les avaient révélés. La gêne se lisait sur leurs traits tel qu’un aveugle aurait put la deviner d’un frôlement.



Le paysage se fit soudain plus blanc. Sakura pris peur : Etait-il possible que le pays dit du feu puisse être si profondément ancré sous la neige ou son bienfaiteur avait-il fait fausse route ? Un instant, sa paranoïa lui laissa même supposer qu’elle avait été prise aux mains d’un traître. Il n’en était rien, Konoha était bien ensevelie sous un manteau blanc et glacé. Devant les portes ils s’arrêtèrent. Deux hommes armés vinrent leur ouvrirent. On les salua avec une profonde marque de respect. La prêtresse ne put faire quelques pas que déjà une grande femme blonde enveloppée dans de coûteuses fourrures, vint à sa rencontre. Elle lui confia son nom, lui prit la main, et l’installa dans le pousse-pousse qui l’avait emmené jusque là.



La fille du vent se retourna tandis que son nouvel apparat l’accompagnait à sa destinée. Elle croisa une dernière fois l’océan, soudain voilée d’une tristesse qui lui était jusqu’alors inconnue, puis l’engin tourna, mettant fin à leur contact.



_« Ici madame, vous serez l’objet de toutes les convoitises, il ne vous est donc pas recommandé de sortir de nos murs une fois que nous serons arrivés au domaine. Ne craignez pas pour vos promenades, nos jardins s’étendent sur de longs hectares de terre, et nous aurons bien vite fait de vous trouver des occupations. »

La voix de Melle Yamanaka sonnait comme un bruit de fond aux oreilles de la fleur qui sentait déjà ses yeux s’embuer. Le froid lui brûlait le visage, teintant ses joues et le bout de son nez d’une légère teinte rosée. Elle se laissa à penser qu’elle pourrait sûrement se laisser aller librement à ses larmes si un tel climat persistait tout l’hiver. On ne lui fit pas ce cadeau. Melle Yamanaka remarquant le trouble de sa dame lui rappela rester sous le haut-vent du véhicule afin de garder toute sa splendeur pour sa rencontre prochaine avec son époux.

« Epoux ». Ce simple mot lui fit horreur, glaçant son sang, le faisant battre follement à ses tempes. Et pourtant elle était bien là, l’affligeante réalité : elle n’épouserait que trop vite cet homme dont elle ne savait rien, par simples intérêts politiques.

_« Le Seigneur est encore un enfant, bien qu’il soit votre aîné, et sa splendeur n’a pourtant trouvé d’égal dans le monde. Le mélange de vos deux corps produira certainement une créature comparable aux dieux. Vous aurez le plaisir de passer votre main si délicate dans sa longue chevelure noire. Et ses yeux qui vous tuent d’un regard ! Un sourire qu’il accorde, et vous chéririez sa personne à jamais.

_ Votre peuple ne trouve t’il donc d’intérêt qu’à la beauté matérielle et physique des gens ? J’ai de mes expériences passées, garder le souvenir d’une femme si laide que personne n’en voulut, à aucun prix. Elle était guérisseuse. Savait parler avec bonté. Et quand elle sauva sa vie à un de mes lointains cousins, que l’on destinait à une épouse tout aussi resplendissante que lui, il n’en voulut point, et préféra garder à ses côtés la bonne demoiselle qui, bien qu’elle ne fut gâtée de toutes vos facéties, avait une âme si pure qu’elle comblait tout le manque. Aussi beau soit votre seigneur, j’ai entendu dire que son âme ne prend de plaisir qu’à la guerre. Tant de violence et de mépris envers l’Homme ne peut être que le résultat d’une grande frustration. »



La dévote parut outrée par ce discours si péjoratif à l’égard de son prince. Prenant la défense de son seigneur, elle se fit l’avocate du Diable :

_« N’êtes-vous pas, vous-même, frustrée par la condition qui est la vôtre ? Vous semblez si réticente à cette union, comment pouvez-vous mépriser l’infortune de celui qui est à présent votre. Chacun a sa manière de combattre l’imprévu.

_ Tant que cela reste une manière n’insultant pas la vie en elle-même. »



La pauvre Ino dû baisser les bras devant l’obstination de la prêtresse. Elle appréhendait sérieusement à présent les longues années qu’elle allait devoir passer comme étant la confidente de cette jeune effrontée.





§§§





Cependant que les femmes étaient en route, Neji, plongé dans la brûlante étreinte de son bain, s’apprêtait à recevoir en bonne et due forme son épouse. Le calme qui régnait autour de lui auparavant à cet instant n’était plus qu’un brouhaha créer par l’agitation de femmes de chambres et de valets par dizaines, déambulant de parts et d’autres de la pièce. Le tintamarre l’irrita, il demanda à sortir. Cela fait, on le recouvra d’étoffes pour maintenir son corps au chaud et le sécher. Le prince était pourvu de toutes les attentions du monde.

Le soleil descendit de plus en plus bas, sans qu’il ne soit jamais parfait. On y trouvait toujours quelques chose à améliorer tant et si bien que les femmes étaient déjà présentes depuis un bon moment lorsqu’il fut enfin apprêter.

Son précepteur lui rappela quelques dernières règles qu’il connaissait déjà par cœur. L’étiquette, la droiture, la politesse, le tout mélangé dans un discours morne au ton hautain.

Neji fit mine de rien, et suivi son aîné. Ils traversèrent ensemble un long et large couloir, éclairée par la douce lumière atténuée, filtrant le papier de riz. On lui ouvrit les portes du grand salon. Et le choc fut de taille.



Sakura, elle aussi, avait eu droit à son traitement. Sa longue chevelure d’un rose pâle avait été soigneusement coiffée et ornée de nombreux bijoux. Son maquillage était fin et délicat, à peine voyant. Quant à son corps, on l’avait habillée d’une robe de sacre blanche, brodée de perles et de pierres précieuses. La soie qui composait le tissu était d’une qualité rare et se confondait avec la couleur de sa peau de nacre. Par-dessus l’habille, on lui avait enfilé un kimono, laissé ouvert, se mêlant parfaitement à la tenue. Le visage encore caché d’un voile, tenu de part et d’autre de sa tête par des chrysanthèmes, elle n’avait encore rien révélé de sa beauté.

Elle garda les yeux fixe sur le sol tout le temps que dura le trajet du prince entre la porte et la table autour de laquelle siégeait déjà Melle Yamanaka, un précepteur, et elle-même. Lorsqu’ils furent l’uns face à l’autre elle redressa son dos, les yeux toujours clos. Ino, assises derrière elle, se releva pour soulever le tulle et dévoiler à son Kage, sa promise.



Tout en se faisant démasquer, la jeune prêtresse ouvris les yeux, dévoilant ainsi les richesses que ses émeraudes contenaient.

_« Mon prince, permettez-moi de vous présenter votre épouse : Melle Sakura Haruno, onzième et dernière fille de l’actuel Kazekage, Kintaro Haruno, et ancienne prêtresse du temple Shinto.

Pour toute réponse il s’inclina légèrement.

_ Madame, voici votre époux : M. Hyuuga Neji, fils unique de la lignée des Hyuuga, et notre Hokage à tous. »



Elle employa le même comportement que le jeune homme auparavant.

On vint se joindre à la tablée : il s’agissait de Tenten, apportant tant bien que mal, le lourd plateau contenant le thé. Le service effectué, elle se rangea dans le coin le plus éloigné du cercle, attendant sagement, avec l’impression de s’effacer, que les convives se soient réchauffés.



Longtemps, les deux précepteurs, tantôt chacun leur tour, tantôt se coupant la parole afin de compléter l’information que l’autre avait omis, instruirent les deux jeunes gens sur les diverses conditions et déroulement des noces. Sakura avait été étouffée d’éloges, mais aucune ne lui fut adressée par son « conjoint ».



La journée se termina dans la plus lente agonie pour chacun, notamment pour les deux concernés. Les aînés s’acharnaient tant et si bien à leur apporter leur savoir, qu’il fut un moment où Neji se leva. Tournant le dos à Sakura, se fut pourtant à la jeune femme qu’il adressa ses mots :

_« Madame, votre beauté n’a d’égale que votre droiture, et je sens que nous partageons le même sentiment d’ennui pour ces foutaises qui nous sont rabâchées à longueur de temps. Veuillez excuser mon impertinence mais je ne puis les supporter plus longtemps, ainsi je vous convie à retrouver vos appartements. Le voyage a été long et je suis moi-même fatigué. Nous nous retrouverons le jour levé. »

Et sans une parole de plus pour les autres, il quitta les lieux. Celui des deux qui était arrivé en compagnie du jeune homme s’excusa mille fois pour la princesse, et jura qu’il était de ces moments où le Hokage ne tenait plus en place : les fougues de la jeunesse sans nulle doute.

Sakura esquissa un sourire. A défaut d’êtres de bons époux aimants peut être parviendraient-ils chacun avec le temps, à apprécier la présence de l’autre et à se soutenir dans leur calvaire commun. Il avait parfaitement compris qu’il était le seul à pouvoir mettre un terme à ces discours, de plus, il semblait tomber de fatigue tout comme elle. Attentionné ou n’agissant que pour son propre chef, toujours était-il qu’il lui avait épargné bien d’autres longues heures d’ennui.



§§§



De toutes les belles sérénades qu’elle avait put entendre la veille, Sakura n’en avait retenus que deux choses essentielles : la date de ses noces, qui se dérouleraient au sixième jour de la semaine, et les obligations de chacun. Dans tout mariage arrangé le fléau le plus redouté par la critique était l’adultère. Ce qui n’avait pas arrangé l’état de la demoiselle.

Le soir même, au coucher, une violente fièvre la prenait. On y décela les causes du changement climatique sans doute trop brusque, ainsi que l’émotion et la fatigue. Elle fut bordée jusqu’aux aurores. Après plusieurs heures passées dans une profonde léthargie, elle avait finit par s’endormir pour y retrouver dans un rêve tenant plus du cauchemar, le souvenir de son protecteur l’ayant mené jusqu’à Konoha. Mais si ça n’avait été que cela : le pauvre garçon, surpris dans des ébats avec la princesse, subissait en ses songes le marquage au fer rouge, et la mort sous les coups du bourreau. La pureté qui avait toujours animé la demoiselle, en ces lieux s’était vaporisée. Alors que le cœur de l’ambu rendait son dernier battement, celui de la princesse s’emballa, la réveillant brusquement en un cri qui fit trembler les murs.



On lui fit prendre des remèdes, on l’enlaça dans des couvertures, on plaça un réchaud à son côté. Mais la fièvre ne tombait pas. La doyenne du groupe, demanda à ce qu’on la laisse seule avec la jeune fille, et bientôt, le silence retrouva son droit.

_« Ma pauvre enfant, cette fièvre est une malédiction sur votre personne que nos remèdes ne savent guérir. Ouvrez-moi votre cœur, plus j’en saurais, et plus vous vous rétablirez rapidement.

_ Madame, je n’ai rien à vous confessez que vous ne sauriez déjà.

_ Votre sommeil a été bien plus agité que le reste de votre somnolence. Qu’avez-vous vu ?

_ L’homme qui m’a conduite ici.

_ L’ambu… Comment se fait-il que vous ayez vu son visage ?

_ Il n’était pas masqué. »



L’ancienne parut foudroyée par cette révélation mais n’en pipa mots. Continuant son interrogation après avoir été rassuré du fait que la jeune femme, elle, avait caché sa beauté, la bonne femme repris :

_ Et quelles misères lui arrivait-il pour que vous eussiez crier ainsi ?

_ Il souffrait de tortures dont je ne pourrais vous refaire le récit. Dame Tsunade, ce précepteur si présomptueux m’a fait hier récit de tortures effroyables et douloureuses ; Dépassant les limites du simple crime humain, tout n’était que chants paillards et monstruosités. Et dans mon rêve, cet homme si bon pour moi, était l’objet de ses horreurs. »

L’aîné parut attendrie et désolée devant l’expression de la jeune vertueuse, si naïve, si innocente encore, épouvantée de n’avoir appris qu’un centième de la vérité. Son ingéniosité, sa candeur, étaient de trop bonne nature. On voyait dans son comportement qu’elle avait été la fille bénie d’un homme l’ayant préservé du monde hostile qui régnait en maître autour d’eux.

La bonne dame s’en alla alors, laissant sa demoiselle seule. Mais pas bien longtemps. Survenant de nulle part, une main vint la tirer de l’inconscience.

_« Naruto-sama !

_ Ne vous agitez point Madame, ou votre fièvre persistera.

_ Si vous saviez le bonheur de vous voir ainsi en si bonne santé…

_ J’ai ouïe dire que vous songiez à ma personne vivant bien des malheurs.

_ Et plus encore qu’une simple farce de la providence !

_ Ne vous alarmez pas ainsi, je veille toujours sur vous. Je vous vois…

_ Moi pas !! »

Le désespoir qui régnait dans la voix de la prêtresse était tel qu’il ne put s’empêcher de garder le silence. Ils étaient si proches à présent. Encore, il sentait son souffle caresser doucement sa joue, et fut séduit à l’idée de voler la virginité de ses lèvres, quand bien même pour cela il devrait subir les douleurs auxquelles sa protégée avait assisté.

Il se retint, et ne déposa ses lèvres que sur le front brûlant de fièvre de la princesse.

_« Epargnez-moi cette épreuve Madame, je puis tuer à moi seul un pays, mais résister à votre beauté n’est pas une tâche que je puis accomplir. »

Et il disparut comme il était venu.

Lorsque l’on revint au chevet de Sakura, on remercia les Dieux : elle était guérie.



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Tenshi-Kamoto
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MessageSujet: Re: Fiction de Tenshi - Pray for my Surrender   Dim 20 Nov - 12:39

III

« Adieu » est un mot d’Amour


La soudaine maladie de la jeune promise avait fait le tour du domaine en un rien de temps. Elle n’était pas encore rétablie que déjà la nouvelle parvint aux oreilles du précepteur et de Melle Yamanaka.

Le soir venu, les deux maîtres, occupés aux préparatifs des noces, s’étaient alarmés à cette annonce : la course du soleil ne s’était pas achevée sur la première journée passée au domaine que déjà la petite tombait malade. On se pencha sur sa fébrilité, et les plus folles rumeurs furent échangées : on se chuchota qu’un complot se tramait très certainement contre le prince Neji, que ce gredin de Kintaro, père de Sakura, avait offert une fille improductive au pays pour le conduire à sa perte. On parla même d’une éventuelle bataille entre les deux pays voisins, dont celui du feu sortirait bien évidemment vainqueur pour le vilain tour que leur avait joué le Kazekage.



En ce lieu où tout n’était que sourires et vanités, on pouvait déjà entendre la brise de la colère s’abattre sur la personne de Sakura. Les uns complotaient pour sa perte, les autres, courtisaient dans le but d’obtenir ses faveurs une fois la jeune prêtresse montée sur le trône. Mais y’avait-il seulement de la place pour une âme noble à la cour de Konoha ? Tapit dans l’ombre des murs, un homme portant le masque en doutait largement tandis qu’un nouveau personnage faisait son entrée à ses côtés :

_« Comme tu m’as l’air soucieux mon pauvre Naruto. Je le vois bien tu te meurs d’un tourment que je ne devine que trop bien.

_ Je ne me sens à ma place ni sur les champs de bataille, ni au milieu de cette masse frivole et étouffante. Oh Sasuke, je ne sais qui je suis, même mon nom m’est inconnu, que pourrais-je offrir de bon à ce que mon cœur me réclame ?

_ Tu deviens beaucoup trop romanesque avec le temps ! Allons bon cela te passeras, et ne t’en fais donc pas l’ami tu ne sais ton nom, mais au moins tu en as un ! Ha ha

_ Comme je t’envie… Tu ne vis que pour voir le soleil se lever, ni toi, ni personne ne peut te dérouter. Tu mènes une vie sans tracas, sans peines, et sans nul autre amour que celui du monde qui t’entoure. Oh si tu savais comme je voudrais demain ouvrir les yeux sans plus savoir qui elle est, et me dire que ce soir après mon labeur je pourrais comme dernière image avant le sommeil mérité apercevoir les dernières lueurs du couché de soleil.

_ Que veux-tu, je sais vivre moi ! Allez ne restons pas là, tu te traînes dans ces lieux de corruption dans l’espoir d’apercevoir ce que tes yeux ne reverront sans doute jamais, et te laisses dévorer par les ténèbres de ton chagrin. Puisque nous ne sommes pas de service ce soir, festoyons ! Je connais non loin d’ici un de ces fameux estaminets où tu pourras noyer ton chagrin jusqu’à en tomber ivre mort ! »





§§§



Cependant, dans les appartements de la concernée, la demoiselle se remettait doucement en la compagnie de dame Tsunade. La doyenne était bonne, et serviable. Sa présence était un véritable lot de consolation pour la fleur de Konoha. Longtemps, tout ne fut que discutions, échanges sur les différentes coutumes de leurs pays respectifs, sur leurs goûts pour les arts, la musique, le théâtre. Les deux femmes cultivaient une large panoplie de points communs qui ne cessaient de les étonnées l’une l’autre.



Vers les sept heures du soir, enfin, elles se quittèrent, Tsunade étant appelée à d’autres fonctions de services. Se retrouvant seule dans ses appartements, Sakura partie en expédition dans les longs couloirs de la maison principale. Seule, elle songeait. Ses noces avec le prince Neji avait d’abord été prévu pour la semaine de son arrivée, pour finalement être reportées à dans un mois.



Elle fut rassurée de ce répit qu’il lui était accordé. Certes, le Hokage était bien loin d’être un homme déplaisant, mais sa froideur naturelle n’était pas pour convenir à la fraîcheur propre à la jeunesse que dégageait l’ancienne prêtresse. De plus, ses pensées étaient toutes occupées par le visage de son protecteur de voyage.



Prise dans son songe, elle se heurta à une impasse au bout du couloir. Face à elle, une porte coulissante dont elle ne put s’empêcher de s’approcher. Du point où elle se trouvait, on pouvait entendre distinctement les voix de deux hommes. La première était sans conteste celle de Neji. La deuxième, Sakura ne l’avait jamais entendue, mais elle semblait appartenir à un homme d’un âge déjà bien avancé.

Les deux hommes semblaient pleins d’animosité, tant et si bien que la bonne demoiselle s’approcha un peu plus et prêta l’oreille pour mieux entendre.



§§§





Au centre même de la pièce, Neji, comme à son habitude entouré de soieries, tentait d’un air faussement calme de défendre son intérêt.

_« La date de mes noces a été retardée, je ne vois pas pourquoi vous vous empressez tant à vouloir m’unir à cette femme !

_ Mon seigneur, vous ne devez pas être au courant…

_ Au courant de quoi !

_ De la santé fragile de votre épouse ! Sachez monseigneur qu’il y’a quelques heures de cela, votre promise a été retrouvée dans une abominable léthargie. La pauvre enfant se mourrait de fièvre ! »



Il y’eu une légère pause. L’hokage sembla troublé, comme venant d’apprendre un décès. D’un air inquiet qu’on ne lui connaissait pas, il demanda alors pour la santé de Sakura.



_ « Il me semble que ses jours sont sauvés désormais. Les remèdes et les saignées auront certainement eut raison de son mal mais il pourrait revenir. Je vous supplie de bien vouloir reconsidérer ma proposition seigneur, s’il arrivait malheur à votre épouse, qui est de ce fait, la fille favorite de votre rival, le seigneur Kintaro, nous serions certainement appelés à de nouvelles batailles inutiles. Sans compter que vous vous devez d’avoir un héritier. Pensez à ce qu’il adviendrai si dame Haruno venait à succomber sans donner naissance, ce serait pour nous… »



Retentit alors un bruit choquant contre le parquet, celui du poing de Neji cognant le sol.

_« Ne pensez-vous qu’à vos intérêts personnels ! Monstre ! Cette femme partage ma situation, elle ne veut pas de cette union, ni même donner enfant à ce pays ! Songez à sa condition Monsieur, avant que de songer à la vôtre ! Vous vous pressez à quémander princesse en mon nom, et c’est une prêtresse que l’on m’amènes ! J’imagine qu’au moment même où nous débattons, elle se trouve seule en ses appartements, loin de tout ce qu’elle a connu, à attendre qu’on la mène à son trépas. Je ne sais rien de sa personne, je n’ai aucune envie de la connaître, ni même de faire semblant de l’aimer, mais j’éprouve à son égard de la compassion, car elle, mieux que quiconque peut comprendre ce qui me contraint le cœur ! »



Derrière la porte, Sakura était passée par bien des couleurs. Elle avait d’abord pâlie, rougie, tandis qu’à présent son regard se brouillait. Oui, ils comprenaient l’uns l’autre la contrainte qu’on leur imposait, sans doute mieux que n’importe qui d’autres en ces lieux.



_« Je vous supplies monsieur, pour toute l’amitié qui me lie à vous qui m’avez élevé ! Repoussez mon calvaire. Si vous saviez le sentiment qui me brûle, si vous viviez mon agonie, je suis certain que vous céderiez à ma requête. »

Le rictus qui ravagea alors le visage du vieillard sembla lui faire prendre dix années en une seconde. Sa fureur semblait hors de contrôle, et bientôt, sa violence oratoire fit trembler les murs alentours :



_« En effet mon seigneur, il est fort peu commun de trouver en ce monde un homme de votre trempe ! Pardonnez-moi cette offense seigneur mais votre perfection à attiser les foudres du démon. Beauté, force, honneur, jeunesse, courage, richesse, éducation, souhaiteriez-vous en plus avoir le cœur en paix ?



_ J’ai bien assez à porter du poids des âmes de ceux à qui j’ai ôté la vie pour mon pays !

_ Mais ce n’était pas assez seigneur ! Et comme preuve, non seulement votre cœur est épris d’une femme mariée, mais plus encore, il s’agit de votre parente la plus proche après votre défunte mère, votre cousine, Hinata no Sabaku !

_ Son nom est Hinata Hyuuga, monsieur, elle porte mon nom !



_ N’étiez-vous pas présent lorsque votre père l’a promise au seigneur Gaara ? Ne mentez pas jeune maître car j’étais à vos côtés ! La rage qui tordait douloureusement vos traits si fins, contrastaient avec le calme dont vous fussiez preuve ce jour là. Vos yeux si clairs, s’embrumèrent de larmes lorsque enfin la lame qui vous pourfendit les entrailles vint officialiser, qu’elle ne portait plus ni votre nom, ni votre autorité. Qu’avez-vous ressentit alors, lorsque s’apprêtant au départ tant redouté, votre cousine vous baisa la joue ?

_ Taisez-vous !

_ Dîtes-moi monsieur !

_ Plus un mot !

_ Oh épargnez-moi votre puérile souffrance ! N’est-il pas vrai que votre visage s’enflamma et que pour le lui cacher, vous vous empressâmes de la prendre dans vos bras ! Je ne suis ni sénile, ni aveugle, encore moins du genre à colporter les fruits d’une imagination débordante ! J’en viens aux faits, et j’aimerais monsieur, que vous sachiez vous les rappeler !

_ Je vous ai dit de vous taire ! » Cria Neji en agrippant son précepteur par le col de son kimono.



Le vieil homme resta de marbre, gardant l’expression de colère, mais respirant calmement. Rien de ces mots n’étaient mensonge ou exagération, un oratoire aurait certainement put imaginer la scène tant il avait été précis. Et pourtant, cela ne semblait pas changer la position du Prince.



Lorsque enfin ce dernier le relâcha, se fut pour lui ordonner de disparaître de sa vue. Malheur, car l’homme s’était immédiatement exécuté. Sakura sentant qu’il était temps de partir n’avait eu le temps que de se redresser, tant et si bien que lorsque la porte fut tirée, ce fut comme si l’on avait deviné sa présence. La jeune femme se sentit soudain démasquée.



Elle ne perdit pourtant pas son calme. Le vieillard la dévisageant puis se hâta de partir. Neji quant à lui, n’avait oscillé. Une longue minute de silence sembla s’éterniser, puis enfin, les lèvres de l’hokage dessinèrent des paroles :

_« Je présume, non sans une certaine assurance madame, que vous venez d’être témoin d’une bien bruyante entrevue.

_ Je ne puis dire, je viens d’arriver.

_ Oh ne me prenez pas pour l’idiot que je ne suis pas ! Votre parfum m’a embaumé toute la conversation durant. »



Tout d’abord surprise d’une pareille révélation, Sakura s’enquit alors d’y répondre :

_« Pardonnez mon insolence seigneur, mais pourquoi ne pas avoir fait preuve de plus de discrétion à votre sujet si ma présence vous était connue ?



_ Devrais-je me cacher devant vous ? Je vous aime madame, oh bien plus que vous ne l’imaginez…. Sornettes ! »



Agrippant au passage, un grand verre de cristal posé sur le meuble le plus proche, le jeune hokage le projeta avec rage contre le mur, faisant se disperser dans un bruit assourdissant les milles éclats de l’objet vers le visage de sa future épouse. Sakura, stupéfaite, n’osa même pas reculer tant et si bien qu’un morceau vint lui entailler sensiblement la joue. Le prince, avec violence, attrapa soudain le visage de la rose, le ramenant au sien. Leurs souffles se mêlèrent, et les paroles venimeuses reprirent de plus belle :



_« Si vous saviez madame, la haine que je vous portes, vous préféreriez mourir dans le déshonneur d’un suicide plutôt que de vous laisser mourir par ma rage. Oh comme elle doit être dure votre vie ! Sans amour, sans guerre, à passer vos journées au lit, à bavasser, à lire, et à chanter ! Songez madame, que vous n’êtes ici que parce que votre père n’a eu d’autres choix que de vous sacrifier à moi, pour que je ne sacrifie pas de ma main tout votre pays. Et pendant que mes mains étaient salies du sang de nos voisins, dans l’ombre, mon amour interdit, découvert de tous fut châtié comme il se doit. Apprenez madame mon choc, lorsque rentrant au domaine et me croyant victorieux je fut foudroyé net en apprenant que celle pour laquelle mon cœur vit désormais ne m’appartenait plus. Et vous voilà, si belle ! Oh oui madame vous êtes belle, peut être même plus que celle que j’aime, à vous voir je tremble, mais vous n’avez oser bouger. Pourquoi ?! »



Elle répondit instantanément, d’un ton alors détaché, sombre et indifférent, tandis que sur sa joue roulait une goutte de sang. Alors Neji se pencha à elle, et lécha du bout de la langue dans une lenteur presque sadique, le précieux liquide. La demoiselle d’extirpa alors et fit face.



_« Mon seigneur je ne crains pas votre haine. Vos mains salies de sang ont elles la chance de pouvoir défouler leur rancœur. Que croyez-vous que le chant, la lecture, et les audiences puissent m’apporter comme soulagement à ma douleur ? Qu’avez-vous à m’envier ? Rien si ce n’est d’avoir toujours été aussi bien traité que je ne l’ai été moi-même. Pourtant songez Monsieur, que vous vous êtes. Moi, j’appartiens. Voilà le fossé qui nous sépare.

Je compatis à votre douleur monsieur, un cœur occupé ne peux trouver la paix tant qu’il ne se trouve pas aux côtés de celui qu’il désire, mais n’oubliez jamais que je suis ici par votre faute.

_ Comment ?!



_ Ne jouez pas les étourdis, vous l’avez dis vous-même ! A faire la guerre, mon peuple menacé de destruction m’a sacrifié à vous. Si seulement vous aviez pris le temps de contenir votre colère autrement que par le sang et les armes, peut être ne serais-je pas ici.



_ Insolente, mais à qui croyez-vous vous adressez ?!

_ Je ne reculerais pas monsieur, votre rang est le mien. Votre position sociale a autant de droit que la mienne à s’exprimer ! A présent je vous répond : le sang sur mon visage est là pour rappeler que par l’honneur mon corps, et mon âme, vous appartiennent. S’il est de votre désir de me faire du mal, je ne puis mot dire. Pourtant, moi, Sakura Haruno, fille du seigneur vent, Kintaro Haruno, je me promet devant Dieu et devant vous, que mon cœur lui vous portera la même estime que celle dont vous m’assommez.



_ Soit ! Il est donc clair madame, que les jours à venir ne seront pas des plus beaux.

_ Il ne tient qu’à nous de rendre le quotidien agréable. J’ai le sentiment pourtant, que c’est au-dessus de mes forces.

_ Les miennes ne vous portent déjà plus.

_ Ainsi soit-il, je ne puis rien y changer.

_ Que deviendront-nous madame ?

_ S’il nous faut tenir chaque jour de nos vies le même discours que présentement, il me semble que de simples contraintes administratives, nous finirons dévorés par notre haine, et nos désirs d’une vie meilleure, loin l’un de l’autre.

_ Dîtes-moi pourquoi, vous qui semblez si sage. Pourquoi vous ?

_ …. Lorsque de fille je deviendrais femme, et pour que Konoha puisse avoir un héritier, je vous haïrai. Pour les regards de vos ennemis qu’il faudra que j’attire sur moi, je vous haïrai. Pour vos prochains éclats de colère, je vous haïrai, et il en sera ainsi pour bien d’autres raisons encore.

_ Pourquoi moi ?

_ Lorsque votre aimée donnera naissance pour un autre, vous me haïrai. Si je vous donnes des filles vous me haïrai. Lorsque je vous répondrai, lorsque je vous reprendrai, et pour toutes mes remarques il en sera de même. Nous sommes deux aimants monsieur. Alors que nous semblons vouloir nous approcher nous nous repoussons dès que l’on tente le contact.

_ Il est donc inévitable d’en venir à un compromis. Comme je vous donne raison, je pleurerais presque si vous n’étiez pas celle que vous êtes, s’il ne s’agissait pas de mon histoire. Ainsi donc, pour la dernière fois de façon courtoise madame, je vous dis Adieu.



_ Adieu »





La prêtresse, encore toute tremblante de son intervention et du choc donné par cette dernière fit coulisser la porte derrière elle, se retrouvant seule, au milieu du couloir à présent obscur de la résidence Hyuuga. Elle savait en son for qu’elle venait très certainement de vivres les derniers instants d’une conversation à peu près courtoise avec son époux. D’ici leur prochaine rencontre, elle craignait fortement un nouvel assaut, sans doute plus dissipé. En serait-il toujours ainsi ? N’y avait-il vraiment aucun espoir de paix ? Au fur et à mesure que ses pas la ramenait à ses appartements, Sakura doutait. Une vie ainsi… oui, toute une vie. Peut être en effet serait-il moins douloureux encore de choisir sa mort.



L’image des pleures de son père lui revint alors. « Ma fille, fais toujours honneur à ton peuple, et à ton père. Qu’importe ce que tu vivras tout au long de tes jours, reste toujours fidèle à ce que je t’ai enseigné : sagesse, vertu, droiture, courtoisie. Seule dans ce monde, tu ne pourras survivre sans ses préceptes. Prend soin de toi mon enfant. Adieu ».





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MessageSujet: Re: Fiction de Tenshi - Pray for my Surrender   Dim 20 Nov - 12:40

Sakura se reprenait alors, certaine que son père ne lui avait pas dicté ces mots par peur. Le seigneur Kintaro, d’allure froide et combattante, était dans l’intimité la plus totale un homme bon et généreux. Il avait toujours mené son peuple avec une main de fer et avait su repousser ses ennemis en évitant le plus de massacres possibles. Respecté et aimé de ses sujets, c’est par amour de son pays qu’il avait sacrifié sa fille chérie à Konoha. Au lendemain du tournant qu’avait pris la vie de son enfant, le seigneur Kintaro fut pris d’une forte fièvre. Nombreux furent les médecins qui accoururent à son chevet, mais le verdict ne tarda pas à tomber : le Seigneur du vent était atteint du typhus.

IV

Soudain comme Icare

La soirée avait été de courte durée pour Sakura. Après les propos mouvementés qu’elle avait tenu en la personne de son futur époux, elle avait au plus vite gagné ses appartements pour y trouver un repos amplement mérité.

A midi, dame Tsunade vint la tirer du lit. Les premières heures furent consacrées à sa toilette, et enfin après avoir dîné, elles reprirent place dans le boudoir de Sakura afin d’y tenir la conversation.



Sakura aimait ces instants bénis de la journée où seule en compagnie de sa duègne, elle se confiait entièrement et sans aucune pudeur. Ce fut ainsi qu’elle lui conta l’entretient de la veille et les propos qui y furent tenus. Tsunade parut d’abord choquée des paroles tenues par l’étrangère mais petit à petit, elle se laissa convaincre de son bon droit, et prit même le parti de sa protégée. Cette dernière en resta pourtant de marbre, enracinée dans sa tourmente. Prise d’un élan de compassion pour la jeune déboussolée, Tsunade se permit alors de se faire conseillère.

_« Mon enfant je vous vois prisonnière de vos troubles sans la moindre échappatoire possible et cela me peine plus que de raison. Appliquez mon conseil : écrivez à votre père. Contez-lui la situation qu’est la vôtre, il saura vous conseiller mieux que personne en cette cour. Et… Je pense qu’il vous fera le plus grand bien de prendre des nouvelles de vos proches laissés derrière vous. Je sais bien que je vous aie déjà dit de tenter d’oublier votre passé pour mieux vous fondre dans votre nouveau rôle mais je prends sur moi et j’assume ce rebroussement. Faites donc je vous dis, je vais vous faire venir un messager. Profitez de ce temps pour vous consacrer à votre lettre. »



Sans plus un mot, la dame se releva et sortit de la pièce laissant seule sa protégée qui se hâtait déjà à son bureau.

Une heure passa. Une heure pendant laquelle Sakura enchaîna les brouillons, les ratures, elle ne savait plus quoi dire. Tout était trop sombre ou faussement gaie. Finalement, lorsque Tsunade fut de retour, elle n’avait écrit que peu de lignes :



« Mon cher père,

Cela fait maintenant de longs jours que nous sommes séparés l’un de l’autre.

Comme vous me l’aviez prédit, l’éloignement est déchirure mais je prends sur moi de me remémorer vos enseignements pour continuer, et vous faire honneur.

J’ai pourtant à vous parler de ma dernière mésaventure. Le soir qui a précédé ces mots que vous lisez à présent, je fus surprise devant ses appartements par mon époux, le seigneur Hyuga. Suite à quoi nous nous sommes violemment querellés alors que je pensais naïvement pouvoir supporter cette alliance une vie.

Mon cher père je te prie de ne point vous faire d’inquiétudes, je serais sage. Mais sous le bon conseil de ma suivante que je vous demande conseils. Je suis si jeune, père sans vous je serais capable de trébucher. Répondez-moi vite, et faites-moi plus souvent parvenir de vos nouvelles ainsi que celles de ma mère, de mes frères, et de mes sœurs.

Je vous embrasse tendrement.



Sakura Haruno. »



La lettre achevée, Sakura prit soin de la cacheter avec précaution, et la tendit à Tsunade qui s’empressa alors de sortir de la chambre et de la tendre à l’homme qui l’accompagnait. Ce dernier, un beau jeune homme aux cheveux d’un noir de jais, et aux yeux tout aussi sombre, partit aussitôt.





§§§



Le porteur de la lettre ne revint qu’après trois jours de voyage. Il fit transmettre à sa princesse par le biais de sa suivante que la lettre était arrivée sans encombre aux mains de la mère de Sakura et que cette dernière lui ferait parvenir une réponse dans les plus brefs délais.

Sa mission achevée, le brun prit le chemin inverse, et s’en retourna à ses quartiers. Là il y retrouva, plus pâle que jamais, son ami ambu, toujours plus ancré dans son chagrin. De forte bonne humeur, Sasuke décida de jouer un tour à son ami afin de le réveiller.

_« Tu as bon goût mon pauvre Naruto. J’ai passé quelques minutes en la compagnie de ta dame de cœur et je dois avouer qu’elle est charmante.

Le cœur de Naruto manqua un battement. Il se releva précipitamment manquant de trébucher, et accouru vers son ami.

_ Tu l’as vu ? Quand ? Pourquoi ? Qu’as-tu donc fait qui puisse t’avoir permis son entretient ? Parles mon ami, je t’en conjure !

_ Tu deviens fou ma parole ! Ria Sasuke en guise de réponse. N’y tenant plus Naruto posa deux mains sur sa poitrine et le secoua légèrement les yeux suppliants.

_ Oh je t’en prie ne te moque pas ! Fou ? C’est bien vrai, alors calme mon agonie, répond moi !

_ Calme tes élans de cœur, j’ai feins la plaisanterie et n’ai pu entrevoir que sa gouvernante. Ta douce est aussi protégée que les joyaux de la couronne, pas un homme n’a le droit de vue sur sa peau.

_ Cela me tue et me rassure en même temps ! Mais dis-moi par quel honneur as-tu entrevue sa nurse ?

_ Il a fallu que j’aille remettre une lettre de ta bien aimée à sa famille. Je n’ai pas lu ce qu’elle contenait mais je présume qu’il ne s’agit de rien qui soit bon.

_ Comment sa vie pourrait-elle être bonne, prisonnière de ce tyran incestueux ?! Seigneur ils ne sont pas encore unis, qu’il la frôle et je ne réponds plus de moi. Sasuke aide-moi, je dois la voir avant ses noces ! Il le faut ! »



_ « Je te vois venir pauvre âme, tu tiens à gagner sa vertu avant l’autre pas vrai ?

_ Et plus encore, c’est son cœur que je veux. Je sais qu’elle n’est pas indifférente à moi, pour ce moment passé en ma compagnie sous cette pluie glaciale, pour son regard lorsque malade je lui rendis visite, je mets au défi Dieu de me dire qu’elle n’éprouve aucune faveurs pour moi !

_ Une princesse Naruto ! Une princesse, et futur reine par-dessus le marché ! Dès qu’elle aura conclu son alliance avec notre seigneur Hyuga elle sera la femme la plus puissante de tous les pays de l’empire réunis ! Que ferait-elle d’un pauvre homme tel que toi ? Tes courtoisies envers elle la feront rougir tout au plus mais elle n’aura jamais d’égard pour ce que tu es vraiment au fond. Quel sot tu fais, tu es déprimant !



_ Grand bien te fasse de railler, moi j’aime.

_ Mais tu n’écoutes rien ma parole !

_ Je vais lui écrire !

_ Oh non !

_ Lui déclarer mon amour par les mots !

_ Retenez-le !

_ Lui faire savoir que ma vie est sienne !

_ Pas ça !

_ Et lui demander d’y répondre…

_ Folie !

_ « Dois-je vous aimer patiemment… »

_ Jamais !

_ « Ou mourir si c’est sans espoirs ? »

_ Veille toi-même, infection gangrenée de l’homme, que je maudisse à loisir ta maudite personne ! Ecrire à sa souveraine ! Mais la foudre a-t-elle frappé ton esprit au point que tu n’en saches même plus ce que tu dis ? Frère, je t’en conjure oublie cette diablesse qui sans le savoir te condamne aux Enfers. »



_ « Diablesse tu dis ? Il n’y a pas plus bel ange dans les écrits saint que sa beauté en ces lieux !

_ Je ne réponds plus de rien !

_ Aide-moi !

_ Plutôt mourir !

_ Sasuke !

_ Tu n’es qu’un fou !

_ Un fou d’amour !

_ Ça ne t’excuse pas, tu es fou quand même.

_ Juste ma lettre ! Porte-la-lui avec la réponse de sa mère. Aie pitié !

_ Ton théâtre ne m’attendrie plus, tu n’es qu’un dément.

_ Je te donnerais tout mon ami !

_ Mais regardes toi, tu n’as plus rien que tu ne lui aies déjà offert. Qu’as-tu à m’offrir ? Ton cadavre une fois que la vérité t’aura éclaté au visage ? Je refuse !

_ Tu feras de moi ce que tu voudras ! Je serais même prêt à vivre avec son refus si tu me l’ordonnes, mais permet d’abord que je sache ! Je suis l’homme toujours en quête de vérité. Si tu ne m’aides pas à l’obtenir je n’aurais plus rien ! »



Sasuke marqua alors un long temps d’arrêt. Cette petite farce prenait une bien mauvaise tournure que Sasuke craignait. Mais l’océan des yeux brûlants de larmes qui le suppliait à présent était un spectacle bien plus insoutenable encore que ce qu’il s’apprêtait à faire. Relâchant en un soupir le trop plein d’oxygène, Sasuke accepta. Tout ne fut alors qu’embrassades joyeuses, sourires, et cries. Le jeune ambu devenait enfant, et s’empourprait lorsqu’était évoquée l’éventualité d’une réponse de la part de Sakura. Plus rien autour ne semblait l’inquiéter jusqu’à la tombée de la nuit où la main tremblante, il commença la rédaction de son billet.





§§§



Il ne fallut que trois jours à la mère de Sakura pour faire envoyer la réponse promise à son enfant. Comme Sasuke l’avait prédit, il fut chargé de transmettre la correspondance à une des gouvernantes de la princesse.

C’est ainsi qu’il se retrouva devant les grandes portes donnant sur les appartements de la fleur de cerisier. On l’avait prié d’attendre, il s’exécuta. Longtemps, il patienta debout, mais à sa surprise, après dix minutes, personne ne vint.

Une dernière fois, il fit le tour de la pièce du regard, scruta une présence puis repartit. Dans sa main gauche se tenait blottit contre la réponse de dame Haruno le précieux billet de son ami.

_« Désolé Naruto… Ce sera pour la prochaine fois

_ Que faites-vous là ? » Interrogea alors, venu de nulle part, la voix la plus douce et la plus cristalline que le brun ai jamais entendu.

Il fit volte/face. Devant ses yeux se dessinaient les courbes du corps de Sakura ; pourtant ce fut dans ses yeux d’un vert émeraude qu’il se sentit tomber. Comme dans un vertige qui semble vous tirer vers le sol, le sang du messager vint affluer à son visage, le faisant rougir tel un enfant pris en flagrant délit. D’une voix étrangement hésitante pour cet être, il entreprit de répondre :

_« Je viens porter à Dame Haruno la réponse de sa mère



L’excitation vint alors illuminer le regard de la jeune femme qui se rua presque sur Sasuke.

_ Je suis Sakura Haruno ! Seigneur je ne pensais pas avoir de nouvelles de sitôt. Es-ce le résultat de vos efforts ?

_ Oui madame, balbutia Sasuke.

_ Le ciel vous garde ! Mon ami que je vous aime à présent. Mais que je suis impolie, se gronda-t-elle. J’impose ma tendresse sans même vous avoir demandé votre nom. S’il vous plait dites le moi, et dites-moi ce que vous voulez, le bonheur que vous m’apportez aujourd’hui vaut bien une faveur. Demandez, j’obéirai. Que vous faut-il ? Un congé ? Une prime ? Dites ! »



Un instant le jeune homme pensa demander à sa dame qu’elle accepte le billet de celui qui l’avait escorté jusqu’ici et qui à présent se mourrait d’amour pour elle, mais devant la beauté de ses traits il en perdit l’envie. Glissant habilement le message dans sa poche arrière, il tendit la lettre à Sakura. L’informant de son nom et de ses grades il lui assura que la seule grâce qu’elle pouvait lui faire était celle qu’elle lui faisait déjà en l’honorant de sa présence.



Sakura ne compris pas et assura à nouveau que tout besoin matériel lui serait offert. Il refusa poliment et pris congé. Sakura, à son tour, disparut derrière les portes qui avaient si longtemps caché le secret de sa beauté.

Lorsqu’elle eut disparut, l’ambu se laissa glisser sur le marbre une main sur le cœur.



_« Cette beauté qui dégouline jusque du bout de ses doigts enveloppe mes yeux de ses rayons. Belle princesse voit ce que tu as fait de mes yeux, ils ne sont plus à présent qu’un miroir où tu te reflètes.

Il sortit alors la lettre de Naruto et la contempla amèrement.

_ Mon ami tu n’as pas démérité, et nous voilà à présent rivaux pour l’amour d’un être dont on ne sait si elle est l’incarnation d’un ange ou le Diable venue pour dérouter le cœur des hommes. »



Il se releva alors et prit le chemin de la sortie laissant glisser de ses doigts le précieux billet de Naruto qui termina sa course sur le sol.

_« En ce nombre infini de grâces et de beauté, qu’en dis-tu mon ami ? Crois-tu qu’il soit possible d’avoir encore pour toi de l’amitié et ne pas l’adorer ? Pardonne moi, je suis ami de mon cœur avant tout. »





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MessageSujet: Re: Fiction de Tenshi - Pray for my Surrender   Dim 20 Nov - 12:41

V

Précipitation Nocturne



Dans l’immensité du domaine Hyuga, demeurait en le cœur de chacun un étrange sentiment de soupçon. Et bien que le temps va et créer entre les êtres des liens d’amitié, il en restait toujours ainsi. On s’épiait les uns les autres, les sens à l’affût d’une nouvelle peu élogieuse. A la moindre erreur, la pyramide du pouvoir s’écroulait, et ceux qui étaient tout, n’était plus. Ainsi tournait le monde à la cour de Konoha.

Or, ce matin-là, la jeune princesse du vent eu sans le savoir la plus grande chance du monde. Chance que pourtant, elle allait amèrement regretter.

Tandis qu’elle se préparait en compagnie de ses courtisanes, Sakura songeait. D’humeur joyeuse en ce jour, elle se sentait plus que jamais motivée à s’instruire. Soudain, une entrée fracassante mis fin à toutes ses belles résolutions.

_« Dehors ! Hurla dans la salle d’eau la voix d’habitude si douce de Tsunade.

Aussitôt dit, Sakura demeura seule en compagnie de son aînée dont les traits étaient déformés par la colère. La porte refermée, la doyenne hâta le pas en direction de sa future souveraine et adressa à cette dernière une claque si violente que la jeune femme perdit l’équilibre et chuta lourdement sur le marbre.

- Je vous avais en estime Sakura. J’ai toujours eu pitié de vos malheurs, pris sur moi de vous confesser, adoucit les esprits qui complotaient contre vous. La gifle que je viens de vous donner n’est rien en comparaison de celle que je viens de prendre. Et s’il faut que je sois punie de mort pour avoir porté la main sur votre personne, je n’ai aucun regret Madame !

- Mais enfin que signifient vos propos ? ! » Se lamenta la malheureuse fleur.

- « Pécheresse ! Et menteuse ! N’avez-vous donc aucune fierté ? N’êtes-vous pas la vertu incarnée que l’on a voulu garder sainte ? Ce pays vous a-t-il donc pris tous vos beaux principes ? Les paroles que vous teniez hier n’ont-elles plus de valeurs aujourd’hui ? Allez-vous donc répondre enfin !

- Mon seul pêché, madame, a été de trahir la vertu qui a toujours été mienne afin de servir mon peuple.

- Si tel est bien le cas je suppose que vous n’aurez aucun mal à m’expliquer la raison de ceci ! » Termina Tsunade en tendant à sa protégée le billet de Naruto.

Se redressant, Sakura lui pris lentement l’enveloppe des mains, releva le papier qui avait été décacheté, et en lu les mots à haute voix.

« La lumière sainte du jour s’est levé sur moi, ô ma dame, mais je n’en ai jamais ressenti la chaleur qu’un soir ou étourdie vous nous perdîmes sous une pluie glacée. Depuis ce jour, ou tel un éclair frappant au cœur, vos grâces m’emprisonnèrent à vous, je ne vis plus que dans l’espoir de vous revoir. Ces mots impuissant que je vous adresse vous ont été porté par mon seul ami en cette cour, sa loyauté n’a d’égal, c’est un homme de confiance. Ainsi, si le désir de répondre à cet impudent message vous venez, je vous conjure de lui offrir à votre tour la confiance qui lui est dut.

Je n’ai d’autre motif à cette folie madame, que celle qui m’étreint pour vous.

Humblement je vous salue.



Naruto. »



A peine la princesse eut-elle achevé sa lecture que ses larmes ne se tinrent plus. Ses joues, à chaque mots, s’étaient teintées de violentes rougeurs, et voici que la tête lui tournait sous les coups trop fort de son cœur dans sa poitrine.

- « Seigneur, quelle malédiction que voilà. Mon aimé se déclare, et déclare notre perte à tout deux par le même temps.

Relevant ses yeux vers Tsunade, elle s’expliqua :

- Chère Tsunade, le voilà celui qui m’emmena à vous depuis le pays qui fut miens. Et en ce billet ses sentiments qui jusqu’à lors m’étaient inconnus. Je m’étourdis de bonheur et de désespoir, car il est évident que ce papier je le brûlerai, n’y répondrai pas, ne gardant qu’en mon cœur le secret de cet amour partagé et sans raison d’être.

- Vous tentez de me dire que vous n’entretenez aucune liaison avec l’auteur de ce billet

- Comment pourrais-je seulement m’y résoudre ? Et pourtant sachez que si je n’étais pas tant rattachée aux principes qui furent toujours les miens, je m’abandonnerai à lui. Mais je serai dans quelques temps en possession d’un pouvoir trop lourd à porter pour qu’une de mes mains se laisse vagabonder auprès d’un autre que celui que l’on m’a choisi. De tout mon cœur j’accomplirai mon devoir, mais aimer est une chose que l’on ne peut retirer à personne, comprenez le. »



- « Je ne sais plus que mot dire. Princesse j’ai douté de vous par peur que quelqu’un avant moi ai découvert l’affaire, par colère de m’être sentie trompée par vos paroles si bonnes. Pardonnez-moi mes soupçons.

- Je n’ai rien à pardonner car après tout je suis fautive. Pourtant au travers de ces mots il me semble que cet ambu que mon aimé tient tant en estime n’est finalement qu’une canaille. Cet homme a failli nous conduire à notre perte mais après tout c’est peut-être là qu’est toute sa loyauté. Vivre seule, ou mourir prématurément aux côtés d’un amant qui tourmente notre esprit, quelle est la pire des solutions d’après vous ?

- Vivre seule me paraît être la décision la plus sage, car tel que l’on vous l’a enseigné, l’honneur passe avant nos propres passions. Sans cela, où irai notre pauvre monde ? »

Ainsi s’acheva l’entretien entre les deux femmes. Malgré les paroles de Sakura, sa duègne la prévint que désormais elle serait plus stricte en ce qui concernerait ses déplacements et ses loisirs. La jeune princesse accepta sans mot dire. Les choses étaient bien assez compliquées en elles même pour y ajouter de l’huile sur le feu.



Mais à Konoha, tout peut toujours empirer et c’est pourquoi au même instant, dans la même demeure, Neji s’abandonnait à Tenten. C’est pourquoi au même instant, un bel homme blond se mourrait d’amour en apportant son dernier rapport. C’est pourquoi, à quelques pas des deux femmes, un ami de cet homme avait tout entendu de cette entrevue et réalisait peu à peu que son entreprise de trahison n’avait abouti qu’à l’aveu d’un amour réciproque et maudit.

***



La veille au soir, le jeune prince Hyuga avait été pris d’une soudaine migraine. Fatigué, il s’endormit bien vite et ne rouvris les yeux que tard dans la matinée. A son côté se tenait bien droite sur ses genoux sa fidèle Tenten. La jeune servante était en train d’essorer un linge destiné à apaiser le mal de son maître quand ce dernier la dévisagea.



- « Comment vous sentez-vous aujourd’hui Neji-sama ?

- Bien je te remercie. Ton visage est bien pâle…

- Comment pouvez-vous affirmer cela alors que vous êtes dans la pénombre.

- Je le vois c’est tout.

- C’est que j’ai eu à vous veiller toute la nuit. »



Neji parut alors attendri par cette nouvelle. Elle était si jeune, si pure, si franche. Bien qu’elle n’équivaille pas Hinata dans le cœur du maître de Konoha, la fraîcheur de la demoiselle semblait par moment lui enserrer le cœur. Se redressant il la dévisagea à nouveau. Plus longtemps cette fois, au point qu’elle en finit par baisser les yeux, le rouge aux joues.



- « Tu reprends des couleurs, Dit Neji en souriant

- Je vous en pris mon seigneur, cessez de me regarder si longuement, c’est la gêne qui colore mon visage, de grâce n’y revenez plus.

- Tu serais gênée en ma présence ?

- Vous savez bien que je ne suis rien, comment cela pourrait-il en être autrement ?

- C’est que tu changes alors.

- Je ne… »



Elle n’eut pas le temps d’achever sa phrase que la main du Hyuga lui enserrait déjà la taille.

La rapprochant au maximum de son corps, Neji se courba alors légèrement afin de poser son visage contre la poitrine de la jeune fille.

- « Neji-sama, je vous en prie.

- Tenten, tu refuses tes soins à un mal en point à présent ?

- Contre vos maux il y’a bien d’autres remèdes que celui-ci.

- Tu ne veux pas ?

- Vous êtes promis. Et je devrai rester pour toujours à votre service. De plus… Je sais bien vers qui va vôtre cœur.

- Tu le voudrais pour toi seul alors ?

- Je ne peux me permettre d’y songer »



A ces mots, l’expression du prince se fit plus dure. Lentement il releva ses yeux afin de les faire rencontrer ceux de celle qui l’avait si souvent écouter.

- « Dans ce cas, à quoi te serves tes rêves ?

- Je ne rêve plus depuis longtemps mon seigneur… »



Il marqua un temps de pause…



- « Alors je vais te donner de quoi alimenter tes songes pour toute une vie »



Et ses lèvres vinrent alors s’emparer de celles de l’adolescente. Voyant qu’elle ne répondait pas à cette étreinte, Neji se fit violence. Ses mains vinrent se loger, l’une sur la nuque de sa protégée, l’autre sur sa taille afin de la faire basculer en arrière contre son propre futon.

Il s’arrêta, la contempla, vide d’expression.



- « Es-ce que je te fais tant horreur que cela ?

- Mon prince, vous ne savez pas vous-même ce qui vous pousse à cela. Je n’ai rien à vous pardonné, et rien à vous interdire car je vous appartiens. Mais qu’importe. La question est de savoir ce que vous gagnerai à cela ?



- Je t’aime » Se contenta-t-il d’avouer. Les larmes montèrent alors aux yeux de la servante.

- « Je ne vous savais pas si cruel Neji-sama.

- Depuis quand l’amour est-il cruauté ?

- Depuis que je sais que l’amour que vous m’avouez n’est construit que sur un désir éphémère. M’utiliser est une chose, mais me mentir. Je ne pensais pas que ce serait si dur de vous entendre me mentir en me parlant d’amour. »



Tandis qu’elle parlait, Neji s’était appliqué à essuyer de la pointe de sa langue les larmes salées qui coulaient le long des joues de Tenten. Lorsqu’il lui sembla qu’elle eut fini, il prit de nouveau la parole :

- « J’aime Hinata, il est vrai. Mais le temps effrite les plus durs sentiments, et ta tendresse me touche. Je ne puis te promettre quelque chose d’aussi fort que ce que je ressens pour ma cousine. Peux-tu te contenter d’une moitié de mon cœur ? »

Tenten caressa alors à son tour la joue de son maître comme on aurait caressé le plus fragile des êtres. Elle se releva alors et offrit son baiser à Neji.

Quant à l’autre bout du domaine, la princesse faisait vœux d’allégeance et de vertu, le prince lui, s’offrait à sa servante.





Quand ils en eurent finis, contrairement à ce que l’on aurait pu croire, ce fut Neji qui retint la demoiselle à son côté, mais cette dernière préféra la fuite. Dans ses bras elle était devenue une femme, et déjà, les traits de l’enfance s’effaçaient sur son visage tandis qu’elle retournait à sa tâche. Lorsqu’elle revint aux cuisines, elle se fit réprimander pour le temps qu’elle avait mis à sa dernière corvée.

- « Lorsque tu en auras finis avec la livraison, tu te rendras chez dame Ino afin de lui confirmer la noce, annonça une des gouvernantes de la maison.

- La noce ? L’interrogea Tenten

- Tiens, tu n’es pas au courant ? Les noces entre le prince et l’étrangère ont étaient avancées à demain. Avec la faiblesse de cette soi-disant princesse, il vaut mieux se hâter. Mais, hey Tenten, pas un mot au prince surtout, c’est une décision prise par son tuteur ! »





***





A peine Tsunade avait-elle quittée Sakura, que Sasuke, lui, était partit en direction du Q.G des ambus. Autour de lui, le personnel de la maison était en effervescence. Tout le monde semblait savoir la grande nouvelle, hormis les deux principaux concernés. Les bans avaient été publiés dans le secret, la salle, les vêtements, les alliances, et les mets qui seraient servis : tout se préparait dans la plus grande discrétion.

Quand Sasuke arriva auprès de son ami, il le retrouva la tête dans ses genoux.



- « Et bien l’ami, mais ma parole tu es pire qu’un linge sur la fièvre d’une amante ! Qu’as-tu encore à te morfondre ?

- Tu dois être le dernier au courant…

- Au courant de quoi ?

- La princesse Sakura… Et le prince… Leurs noces ont étaient avancées à demain midi. Je crois bien que cette fois, j’ai tout perdu… »



Sasuke le regarda consterné. Puis, se remémorant la détresse de Sakura, il balança à Naruto un bon coup de poing qui eut au moins le don de secouer un peu l’ambu.

- « Arrête donc de broyer du noir pauvre idiot ! Tu veux une bonne nouvelle : c’est toi qu’elle aime et toi seul ! Je n’ai pas de preuves écrites à t’apporter, juste le témoignage de son aveu pour toi à sa gouvernante.

- Je ne peux te croire.

- Naruto » Commença alors Sasuke d’un ton très sérieux que ne lui connaissait pas son ami. « Ce soir c’est ta dernière chance. Tu l’aimes. Elle répond à tes sentiments avec autant de passion que toi. Mais c’est une princesse. Et promise par-dessus le marché ! Tu as le choix, tu vas au bout, ou tu te condamnes à tes larmes pour le restant de tes jours. Naruto, je te jure que si tu ne fais rien, moi ! Je te la prendrai ! »

Que n’avait-il pas dit le malheureux ! A peine ses mots furent sortis de sa bouche que le pauvre ambu reçu le retour du coup qu’il avait asséné à son partenaire.

- « Ah voilà qui est mieux ! Je te retrouve enfin camarade !

- Ne plaisante pas s’il te plait !

- Ce soir !

- Que dois-je faire ?

- Va la trouver dans ses appartements pendant la nuit. Et emmènes la avec toi dans l’abri qui se trouve au fond de la forêt.

- C’est bien trop risqué

- Tu as signé ton arrêt de mort dès lors que tu as croisé son regard. Naruto tu n’as plus rien à perdre. »



Ainsi s’acheva cette matinée hivernale.



§§§

Quand le soleil déclina à l’horizon laissant place à la nuit, Naruto su qu’il n’était plus temps de rebrousser chemin. A cette heure du soir tout le domaine dormait.

L’ambu, spécialiste de l’intrusion, parvint à se glisser par le petit jardin jusqu’à la porte coulissante donnant sur la chambre de la princesse. A chaque pas qu’il faisait, le souvenir de sa première intrusion refaisait surface. Enfin, il fallut bien ouvrir la porte. Le jeune homme s’attendait à trouver sa belle plongée dans les limbes du sommeil. Il n’en était rien. Assise devant son portrait, tournant le dos à son aimé et éclairée d’une seule bougie, la demoiselle ne prêta même pas attention au doux vent qui fit flotter ses longues mèches de cheveux. Elle semblait perdue dans une pensée qu’elle seule pouvait former. Profitant de cette absence, l’ambu souffla la flamme, faisant ainsi mourir la seule source de lumière dans la pièce. Sakura, quant à elle fit volte/face, mais n’eut pas le temps de crier que déjà ses yeux se noyèrent dans l’océan qui s’offrait à sa vue à travers la pénombre.

Longtemps, ils se fixèrent, l’un attendant des explications, l’autre songeant à la réaction qui lui serait donnée pour cette intrusion.

- « Mes noces ont été avancées à demain…

- Je sais tout cela

- Vous venez me dire « adieu » alors ?

- Je ne serai en mesure de vous offrir ces mots qu’à mon tout dernier souffle de vie

- Que venez-vous faire chez moi dans ce cas ? Y’a-t-il une chose que je puis vous offrir ?

- J’ai ouï dire, Madame, que j’étais déjà en possession de vôtre plus belle grâce.»



A ces mots, Sakura sursauta presque, le visage coloré de rougeurs.

- « Plaisanterie !

- S’il en est ainsi, j’implore vôtre pardon. On m’aura mentit, et j’accepterai le sort que vous conviendrai de m’offrir pour mon outrage. Je vous offre malgré toutes mes félicitations pour vos épousailles. »



Naruto se releva, et se courba vers la promise, puis s’apprêta à rebrousser chemin quand les bras frêles de celle qu’il chérissait vinrent entourés sa taille. Contre son dos il la sentait trembler, puis murmurer :

- « N’y-t-il pas dans nos cieux un seigneur assez puissant pour me pardonner ? Qu’ai-je fais de mauvais jusqu’à présent qui me fasse mériter un tel destin ?...

- Pourquoi ces lamentations soudain Madame ? Avez-vous quelques mots sur le cœur à m’adresser ?

- Je ne peux continuer à vous mentir lorsque vous me félicitez.

- Quelles paroles vous réconforteraient alors ?

- Vôtre vœu d’amour sincère contre le miens… »



Ils se firent face, et les bras de la princesse laissèrent la taille de l’intrus pour venir enlacer sa nuque. Se courbant, Naruto passa un bras sous ses jambes tandis que l’autre la maintenait contre son torse.

- « Je n’ai à vous offrir ni alliance, ni fêtes. Pas même un toit.

- Pour cela il me semble n’avoir besoin que de vous.

- Les dieux et nos nobles vous maudiront pour ça.

- Je ne sais à quels dieux je dois cet amour, mais s’ils n’avaient pas voulu me détourner du droit chemin, ils ne vous auraient pas mis sur ma route. J’ai longtemps prié nos Saints, je leur ai offert mon existence toute entière, je n’avais que ma foi avant vous mon seigneur !

- Êtes-vous mécontente de vous trouver ainsi près de moi ?

- C’est certain… Mais le destin a voulu que ma loyauté envers nos sanctuaires soit violée par un mariage d’arrangement et les devoirs que cela implique. Puisqu’il faut voir le trésor de ma vertu se perdre, j’aime bien qu’il le soit entre vos bras qu’entre les siens. Je n’ai aucune affection pour lui, et bien trop pour vous. De grâce Seigneur, ne parlons plus.

- Alors entendez les battements de mon cœur, et comme au premier jour, ils seront mes vœux »



Il avança et commença alors sa course effrénée en direction de la forêt.



Portée dans les bras robustes de l’ambu, la princesse se laissa bercée par le froid les recouvrant de son manteau blanc. Bientôt on quitta les limites du domaine. Il ne fallut pas moins de vingt minutes pour atteindre le havre où l’homme aimait à retourner après ses bons services. La neige semblait ne jamais pouvoir s’arrêter de tomber, tout comme la pudeur de Sakura qui ne cessait de décroître en faveur des bons soins de son protecteur. Le sol gelé laissait apparaître les traces de pas du silencieux amant qui déposa au seuil de sa minuscule cabane le corps de son aimée régente.

L’abris, car il s’agissait plus d’un abri de fortune que d’un véritable logement, était un simple cabanon. Quatre murs de bois, dont l’un était presque totalement ouvert, faisant office de porte, et un toit. Maisonnette sur pilotis, sans confort, sans meubles, sans chaleur. Tout juste un futon posé au sol.

Longtemps la future main de l’Empire du Pays du Feu resta cloîtrée dans son silence à l’intérieur de la bicoque, tandis que le jeune Naruto veillait debout en dehors. Sur ses larges épaules se posaient au fil des minutes les flocons d’un hiver bien trop doux. On frôlait de ravageuses tempêtes chaque année, et pourtant, en ces jours qui se veulent si rudes, le froid poignardait le pays sans l’achever de son mistral. Lui, disait que les Dieux du vent avaient péris sous la beauté de la nouvelle princesse. Il n’avait plus en tête que cette violente passion retenue avec une insatiable maîtrise. Et quand bien même on le torturerait, jamais de sa bouche ne sortirait les mots que l’éthique lui interdisait de penser.

Un craquement s’éleva alors, doux et lent, un pas se formant à son tour dans la masse neigeuse. La frêle silhouette s’enhardit derrière le dos de l’ambu qui ne broncha pas. Une main, fine et blanche, se posa sur la poitrine du jeune homme, tandis que sa paire trouvait place sur son cœur. Gauchement, comme guidé par tous ses plus bas instincts de survie, il s’empara de cette main contre laquelle son cœur jouait une mélodie bien trop rapide pour convenir à la douce atmosphère régnant.



- « Dis le moi, murmura le jeune ambu de sa voix la plus suppliante. Le ton employé sembla offusquer la prêtresse qui n’avait jamais été interpelée de la sorte, pas même par son père. Elle n’y prêta garde, jugea cela comme une preuve qu’à présent il n’était plus question de titres, ou de rangs. Ils n’étaient plus qu’un homme et une femme. Pourtant, l’ambu remarqua ce trouble, et se flagella mentalement de son élan.

- « Vous dires les mots brûlerait toutes nos limites.

«- Parlez, faites de mon corps les mots pour brûler ces interdits qui vous empêche d’être vous.

- Naruto, vous… »



Naruto qui ne savait déjà pas se montrer sage en la présence de sa belle, se faisait audacieux dans ses propos. Au lendemain de cette soirée elle serait liée à un autre, prise par un autre, et serait sans plus aucun présent à faire à l’aimé qu’un corps salie par le devoir politique. Et c’était bien au-delà de ce qu’il pouvait supporter.



- « Vous avez tant à perdre… Murmura Sakura.

- J’ai déjà tout perdu pour vos grâces. Mon honneur et ma raison

- Je vous donnerais des miens

- Vous me donnez déjà bien plus que je n’en pourrais rêver

- Alors cessez de rêver. Qu’es ce qui ne vous appartient pas déjà de moi ?

- Je vous aime déjà bien trop

- Alors pourquoi me faire tant de détours ?

- Pour ne pas risquer de me faire prendre sur la grande route. »



Elle s’en retourna alors vers lui. Naruto avait les yeux clos, les joues rougies. Et si elle ne vit pas les quelques gouttes de sueur perlant le front de son amant, elle embrassa à sa joue la larme qui s’y était déposée.



- « Tu es brûlant…, Constata la fiancée qui soudain s’osa à employer un ton bien moins convenus.

- Coupable que vous êtes, de me faire brûler ainsi.

- Tu trembles…

- Je prends sur moi. »



Prendre sur soi de ne pas fauter. Prendre sur soi pour que la passion ne l’emporte pas sur la raison. L’homme à l’état de nature, si sauvage, est capable de tous les vices lorsqu’il n’as reçu d’éducation. Hors Naruto n’était ni un huron, ni un quelconque personnage sans savoir. Et pourtant la hiérarchie le destinait à la perdre.



- « Je n’ai toujours fais qu’exécuter les ordres que l’on m’a instruits, pour vous j’ai déjà commis tellement de maladresses. Et tandis que l’on vous promet à l’homme qui à main-prise sur ma vie, je vous épouse en secret. Que dois-je faire dîtes moi ?

- Aimez-moi, au moins pour cette nuit. Ne me laissez pas dans le malheur de donner ce que je chérissais le plus à cet homme. J’ai moi-même choisi la voix de la chasteté il y’a longtemps de cela, par pitié, ne laissais pas un époux désigné sans amour me dérober cette valeur ! Vous me tueriez… »



Ces mots, seuls, le firent vaciller. Jamais de sa vie, il n’aurait pu imaginer un jour une dame d’un rang si important imposer une telle demande. Certainement pas à lui. Mais que faire face à ses deux émeraudes brillants dans la faible clarté de la nuit profonde, où la neige se reflétait lors de sa chute ? Oui, que répondre lorsqu’elle savait si bien percée son cœur ?



- « Vous perdez vous aussi la raison. Ne voyez-vous pas où nous sommes ? Vous risquez d’attraper la mort, Finit-il par murmurer, sans autre argument pour se retenir.

- Pas si tu me sers contre toi…

- …

- Me laisserais-tu mourir pour ton honneur ? »



Elle n’eut pas achevé sa phrase qu’elle vint se mourir entre les lèvres de l’homme. Conformément à ses paroles, il fit en sorte de lui offrir la chaleur de son corps comme bouclier contre un froid imminent.



- « Si déraisonnable, vous me poussez dans un piège sans moyen de fuir. Se peut-il qu’un ange puisse si facilement emprisonner le faible esprit de celui n’ayant jamais ressenti le moindre sentiment ? Je le crois à présent que je vous connais.

- Tu ne me connais pas entièrement. Toi qui es mon époux pour ce soir, tu ignores encore tant de choses à mon sujet »



Tout en prononçant ces paroles, la jeune femme fit glisser sa main tout le long de la nuque de son amant, l’approchant davantage de son visage afin de goûter de nouveau à la saveur de ses lèvres.

- « Alors… j’apprendrais. » Acheva l’ambu dans un souffle qui se perdit contre l’épaule de sa protégée.

Comme pour lui assurer pour la vie que cette nuit serait preuve d’un dévouement éternel et l’inévitable, la plus douce des conclusions à leur union, il passa sa main sous les jambes frêles de son amante qu’il coucha sur le bois glacé de leur refuge. Chacun tremblait. Leurs lèvres se violaçaient, leurs mains tremblaient de froid et de désir, l’une sur le corps de l’autre, explorant dans cet endroit bien peu propices à l’amour, les délices d’une passion interdite. Ceintures et étoffes se déliaient, opposant toujours plus la température extérieure à celle de leur corps. La brûlure d’une douleur physique si rude était une sensation renversante. Avant que d’aller plus loin, l’ambu prit garde de prendre en son étreinte le corps de la jeune femme pour l’y déposer contre les draps du futon. Ils auraient voulu ne jamais se sortir de ce matelas poudreux et glacé mais quel amour serait assez fou pour se laisser mourir de froid à pareil moment. Il réchauffa avec la plus grande prudence chaque partie de son corps, partant de ses lèvres pour finir sa course au creux d’un endroit resté encore inviolé jusqu’à ce jour. L’instant silencieux qui s’en suivit fut lié par le trouble dans leurs yeux, dernière hésitation avant de commettre l’irréparable.

Ce qui fut des heures auraient pu être des minutes durant lesquelles les deux amants entrelacèrent leurs corps pour ne faire plus qu’un dans le plus grand secret ; celui qui emprisonne la promise d’un kage à un simple gardien. La douceur de leur gestes s’harmonisait avec la violence de leur fougue, et quand chacun trouva ses limites dans le regard de l’autre, ils s’étreignirent si fort que l’atmosphère fut pareil à un matin de printemps. La respiration saccadée, haletante, ils se faufilèrent sous les kimonos et manteaux qui les avaient toujours si bien cachés alors qu’en ce moment, personne n’aurait pu mieux les connaitre.

Et quand vinrent les premiers chants de l’alouette, d’une caresse du bout des lèvres, bien plus douce que toutes les attentions qui lui étaient portées au quotidien, Sakura fut éveillée. Naruto l’apprêta de lui-même, prenant soin à la taquiner d’ici, de là, lui laissant échapper un frisson dont on ne saurait jamais si la cause en était le froid ou le contact de la peau du blond. Tous deux revêtus comme si cette nuit n’avait jamais eu lieu, ils se fixèrent de nouveau. Les pommettes de la demoiselle étaient teintées de rouge, les yeux du gardien embués, emportés dans cette vague d’émotion. Au fil des secondes, ils réalisaient. La main de Naruto vint trouver les rougeurs de son amante pour toucher du bout des doigts ce corps dont tout le siens était encore empreint. Avec toute l’attention du monde, il la releva. Comme au premier jour, au premier regard qu’avait dévoilé ce masque d’argile, il l’emmena sur son dos.

Pas un mot ne fut échangé, pas même ceux que leurs cœurs se seraient criés s’ils avaient été dotés de parole, et quand enfin les portes du domaine se dessinèrent devant eux, l’ambu ralentit sa cadence sans même en avoir conscience. Mais déjà il perçut le bruit des portes de la maison qui s’ouvrait, et d’une minute à l’autre, il en serait de même pour les portes des appartements de la fleur de Konoha. Ils atteignirent donc la chambre de la dame qui se tournant vers Naruto demanda d’une voix plaintive :

- « Quand te reverrais-je ?

- Certainement jamais. Nous avons déjà commis l’irréparable.

- Tu me mens avec tant de sérieux et c’est pourtant si vrai…

- Résignons-nous, je vous prie. Je n’ai que trop écouter mon cœur madame, et la nuit passée fut la plus belle qu’il me fut donnée de toute ma vie, pourtant... J’ai bien peur que si quelqu’un l’apprenait nous précipitions notre perte.



- Soit. Alors adieu. »



L’ambu resta interdit devant ces mots, et déjà la belle s’en allait. Ce fut comme si elle lui échappait pour toujours. Sa silhouette se fit de plus en plus lointaine jusqu’à ce qu’elle disparaisse derrière la grande porte en bois. Lorsqu’ils se retrouveraient, si le destin le leur permettait, elle ne lui appartiendrait plus vraiment.

Pourtant, malgré la douleur qui lui étreignit le cœur à cette pensée, il se rappela soudain que quelques heures auparavant, il était en elle, et que ses mots l’avait transportée bien plus loin que ce Neji ne pourrai jamais l’emmener.



A suivre…
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Tenshi-Kamoto
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MessageSujet: Re: Fiction de Tenshi - Pray for my Surrender   Dim 20 Nov - 12:50

VI



Aux portes de l’alliance


Le jour était là, et avait balayé avec sa venue les secrets de la nuit. Le soleil dans sa randonnée vers le plus haut point du ciel semblait se moquer du tourment des futurs époux de Konoha. Seule dans ses appartements, la princesse du vent se laissa aller à ses pleurs, délirante, se mouvant entre ce que sa raison lui dictait et les souvenirs que lui avait laissé son protecteur Ambu.



Ce jour était arrivé bien trop vite. Elle le maudissait. Pour la première fois de sa courte existence, la jeune prêtresse se sentit pleine de haine et de rancœur. Elle voulut crier au monde de la tuer sur le champ. Elle n’en eut pas le loisir : déjà, les femmes de chambres, servantes, et autres courtisanes commençaient à aller et venir dans ses appartements.

Derrière le panneau en papier de riz, elle devinait amplement les silhouettes gesticulantes, les piaillements des conversations joyeuses, et les ordres des subordonnées.

La voix de Dame Yamanaka lui parvint. Aussitôt la belle se hâta de rajouter du désordre à sa chevelure, et pinça ses paupières pour les ensommeiller. Une minute plus tard, on entra.



- « Votre altesse, il est temps de vous lever, nous devons dès à présent entamer vos préparations.

- Où se trouve Dame Tsunade ? » Questionna la jeune éveillée, surprise de ne pas voir la doyenne auprès d’elle.

- « Elle est retenue auprès de nos organisateurs, ne vous en préoccupez point. Venez. »



Ce ne fut pas de bon cœur que celle qui avait été prêtresse se dressa sur ses jambes pour rejoindre sa Dame de compagnie. Enveloppée de ses habits de nuit froissés par les ébats de la veille, elle marcha lentement et passa près de sa duègne sans mot dire. Celle-ci l’arrêta soudain.

- « Qu’est-ce… » Sakura détourna le regard vers un endroit de son apparat désigné par Ino, sur lequel on pouvait deviner de petites traces de sang. « Madame, qu’est-ce que cela signifie ? Vous seriez-vous blessée ?!

- N’ayez crainte Dame Yamanaka, je vais vous expliquer. »



Le mensonge. C’était la première fois qu’elle venait à en faire l’usage. Son père lui avait toujours inculqué l’importance de l’honnêteté dans ses rapports à autrui, et elle n’avait jamais failli à ce précepte. Pourtant, aussi innocent que pouvait être son esprit, elle savait au fond d’elle-même que ces taches n’étaient rien de plus que le fruit de son péché, et qu’il serait pure folie de ne point user de la tromperie en une telle occasion.



- « Je suis tellement maladroite Madame, qu’hier, bouleversée par la venue de mes noces, je me suis prise les pieds dans les pans de ma robe au moment du coucher, et mon visage ayant heurté le parquet, mon nez a saigné. Ça n’a duré que quelques instants, mais sur le moment j’ai eu si peur que je me suis empressée d’éponger le sang avec ce que j’avais sous la main. Pardonnez mon impudence, et ma maladresse.

- Ne vous excusez pas ainsi Majesté. » Ino, femme droite et hautaine au regard glacial, se permit alors le geste le plus chaleureux que sa protégée lui ait alors connu. Avec un certain recul, elle posa le bout de ses doigts sur l’épaule de la belle Haruno. « Ce soir, vous ne serez plus une princesse, mais une reine. Vous serez la manifestation magnifiée de la nouvelle paix établie entre nos deux terres. Soyez digne de cette position Majesté, vous n’avez pas à vous incliner devant qui que ce soit.

- Je crois pourtant qu’il est toujours nécessaire de savoir exprimer ses excuses lorsque le cas s’y prête Madame.

- Majesté… Je sais bien que vos enseignements religieux et votre nature tendre ont fait de vous une personne qui pourrait être chérie de tous, mais n’oubliez jamais que ces gens autour de vous ne sont pas tous de bonnes personnes comme vous. Parmi les nobles qui entoureront vos jours à présent, beaucoup sauteront sur la première occasion pour vous tourner en ridicule, et vous railler. Soyez ferme avec ces bonnes gens Majesté, il en va de votre réputation de souveraine. Les enfantillages que l’on pouvait permettre à une dauphine, on ne les pardonnera pas à l’épouse du Hokage.

- Madame Yamanaka…. Si ces gens sont si mauvais, pourquoi leur accorder l’accès à notre cour ?

- Parce que ces personnes sont pour la plupart de sang royal, tout comme vous, mais de branches plus éloignées. Il faut offrir à ces personnes la distinction qui se prête à leur rang. Allons Majesté, cessons nos bavardages, il faut vous préparer ».



Accompagnée d’un régiment de servantes, la princesse du vent gagna la salle d’eau où son corps fut baigné dans le lait, à la manière des Impératrice d’Orient. Une fois que son corps fut soigneusement lavé, essuyé, et parfumé, on la conduisit à la pièce dans laquelle on avait pris soin de cacher le vêtement de ses noces. L’habit était d’une beauté digne de celle qui le porterait. D’un blanc si pur qu’il en rivalisait en ce jour avec la couleur des neiges, il se composait de six pièces entièrement faites dans la plus belle soie du pays, et était brodé sur toutes ses pièces de centaines de milliers de perles de cristal et de verre.

On commença par lui passer la robe. Le tissu était si léger et si fluide de par son extrême qualité qu’on y fit mettre une doublure au niveau de la gorge. Les bords de la robe formée en bustier étaient brodés de fils d’argent et d’éléments précieux. On passa ensuite le kimono d’apparat que l’on noua à la taille gracile de la future épouse d’une ceinture dont le poids fit chanceler la malheureuse. Les femmes achevèrent leur tâche en épinglant à chaque bras, les longues manches évasées faisant suite au kimono. Si le port du premier élément avait d’abord été d’une agréable sensation, la promise se sentait à présent tendue sous la masse de tissu qu’on lui imposait.

Vint enfin le temps de la coiffure. Le temps durant lequel elle dut subir les assauts du peigne imprégné de cire fut une véritable torture. De chaque côté on s’affairait à tirer, dénouer, et fixer la coiffure nuptiale, en ne tenant jamais compte des plaintes douloureuses que la jeune femme ne pouvait retenir.

Sa chevelure déjà longue et imposante était à présent alourdie au possible par la structure qu’on s’était attardé à construire, et bien vite, la princesse sentit la migraine la menacer de ses maux. On acheva le tout en piquant çà et là dans la coiffure des pics à cheveux et des parures faites d’argent et de diamants.

- « Dame Yamanaka, l’or et l’argent sont des couleurs bien peu courantes pour un mariage ne trouvez-vous pas ?

- Il est vrai que les usages veulent que l’épouse soit vêtue de rouge et d’or, mais la couleur de la paix est le blanc. Pour vous qui vous marriez aujourd’hui pour la paix, il a été convenu que vos habits nuptiaux seraient faits de blanc. Nous avons dans le même sens préféré l’argent à l’or qui ne s’accordait pas bien à la tenue.

- Je trouve ces couleurs bien tristes pour ma part. »



Ino n’ajouta pas un mot. Pour toute réponse à la remarque de sa souveraine, elle quitta les lieux, invitant le personnel à en faire de même. La salle se vida. Quand les grandes portes de ses appartements furent closes, Sakura ne scilla pas. Assise face à son miroir, elle se rappela l’eau aux yeux que dans la même position, quelques heures auparavant, les dieux dans leur plus belle clémence, lui avaient offert le droit de revoir l’être aimé une dernière fois. Sa poitrine se serra de douleur, et la charge de son vêtement la fit suffoquer. Elle était seule, et devait calmer son agonie sans aide. Elle y parvint bon gré mal gré, d’une volonté qu’elle ne se connaissait pas, mais dont elle sentait naître les prémices à chaque seconde passée en ces terres. Le reflet que lui renvoyait sa glace l’épouvantait. Derrière son maquillage et ses soieries, elle n’était plus que l’ombre d’elle-même. Cette cité l’avait perdue, et lui avait ôté sans qu’elle ne le réalise, tout ce qui la rendait fière. Chasteté, droiture, honnêteté, loyauté… Que lui restait-il de tout cela ? Rien de moins qu’un goût amer en bouche qui la fit grimacer.



Parée comme la reine qu’elle s’apprêtait à devenir, et bien que plus belle encore que ce que l’on disait de certaines divinités, elle se sentait laide, repoussante.

On frappa à sa porte. Dame Tsunade s’invita à ses côtés.



La doyenne, illuminée d’un merveilleux sourire à son arrivée, le perdit dans l’instant en découvrant l’état de sa protégée.

- « Madame… Quels sont vos troubles en ce jour ? » Tout en attendant la réponse, elle pesta contre la coiffure qu’elle jugeait trop valorisante, et s’entama à la refaire à son goût. Les mains de la bonne dame, qui avaient tout à apprendre à ses congénères, furent douces et légères. Là où l’on avait mutilé son crâne, Tsunade caressait et virevoltait au gré du résultat qu’elle souhaitait obtenir. Se faisant, elle écouta.

- « J’ai l’horrible sentiment d’avoir été souillée par ce pays. » La main de Tsunade perdit un peu de sa cadence. Elle n’appréciait toujours pas que l’on discrédite sa contrée. « Quand je vois ce reflet face à moi, il me semble que je suis devenue en quelques jours tout ce que je m’étais refusée à être en une vie.

- Brodez Madame, brodez…

- J’ai le sentiment de trahir toutes mes convictions en épousant votre prince. Je n’ai jamais rêvé de mariage car je fus élevée par les mikos du temple Shinto, mais je fus souvent ébloui par ceux de mes frères et de mes sœurs. On y festoyait deux jours et une nuit entière, leurs vêtements et nos palais étaient alors plein de couleurs et de joie. Je ne retrouve rien de ce qui me plaisait tant dans la noce pour la mienne, et j’en souffre je crois.

- Notre prince vous fait donc tant d’horreur ?

- Qu’est-ce que l’horreur Madame ? Je ne sais rien si ce n’est que cet instant qui devrait être des plus heureux m’emplit d’une tristesse qui m’a toujours été inconnue jusque lors. »

La bienveillante Tsunade esquissa un sourire. Que pouvait-elle répondre à cette femme aux yeux voilés de chagrin ? Elle ne pouvait pas l’encourager à renoncer à son union, elle ne pouvait lui mentir en lui promettant que ce mariage ferait dans l’avenir son bonheur, et surtout, il lui parut inconcevable de la gronder de ne pas obéir à ses usages. Elle sut pourtant, dans une situation d’apparence sans échappatoires, trouver les mots que Sakura choyait tant.

- « Majesté, un mariage est une étape des plus douloureuses dans la vie d’une femme. Qu’importe son rang et ses raisons, lorsque l’enfant s’apprête à changer, il prend toujours peur. Et la peur s’entremêle à la nostalgie, puisque nous savons bien que cet état d’innocence béni, nous ne le retrouvons pas. Nous autres êtres humains n’avons aucun droit sur le temps qui passe, nous ne faisons qu’en subir la course. Il va, vient, nous pousse mais jamais ne nous renvoi au passé.

Ce que vous vous apprêtez à faire est la plus bel chose qui soit, ne le prenez pas comme un sacrifice. Soyez droite, et majestueuse. Regardez votre époux comme votre plus belle réussite, et vos peines en seront effacées.

- Madame… Savez-vous ce qui m’a poussé vers Dieu ?

- Non.
- Lorsque je n’étais qu’une enfant, ma seconde sœur aînée qui avait alors l’âge que j’ai aujourd’hui fut donnée en épousailles à un ambassadeur très puissant des terres de Shin Tzuh, mais n’a jamais su se résoudre à cette union. Elle s’est donné la mort aux portes de ma chambre, seul refuge qu’elle s’était trouvé pour échapper à ses obligations. C’était un être cher bien que trop peu connu par la récente vie que j’étais, et pourtant, en ce jour je n’oublierai jamais son visage au désespoir se mourant. Je n’ai jamais cessé de prier pour son salut dès lors. Rentrée dans les ordres, il me semble avoir déjà eu l’égoïste pensée qu’au moins en ces lieux saints j’étais en sécurité d’un tel tourment. Je me vois ici faisant face à ce que sœur aînée n’avait pas eu le courage d’affronter…

- Et c’est pourquoi, pour la mémoire de votre défunte sœur, vous allez vous tenir à vos serments Majesté. Je vous sais mieux que quiconque en ces terres, d’une force pouvant mener nos terres à la réconciliation. Songez qu’au moment où nous parlons, nos armées encore se défient, et attendent à nos frontières communes que soit levé tout doute sur votre alliance. Votre sang pur, béni de félicité se mêlera à celui de notre prince pour qu’enfin celui de nos peuples cesse de couler. »

Une larme roula sur le visage de la fleur, mais un sourire chaleureux avait enfin pointé à l’orée de son visage. Semblant soudain bien sereine, la promise passa sa main contre la joue de sa dame pour l’inciter à croiser son regard, et à ne pas s’en détourner.
- « Vous êtes si bonne mon amie… Je peux y aller apaisée à présent. Conduisez-moi, je vous prie, je suivrai vos pas jusqu’aux portes de l’autel.
- Majesté, je ne puis répondre à…
- Je ne souhaitais pas vous l’ordonnez, ne m’y forcez pas » La coupa la jeune femme d’un ton espiègle que son aînée ne lui connaissait pas. Honteuse devant l’intérêt qu’elle avait suscité auprès de sa future souveraine, Tsunade détourna son regard, mais ne put réprimer au fond d’elle un profond sentiment de chaleur qui la poussa à accepter dignement la volonté de sa princesse bien-aimée.



***



Le prince Hyuga n’avait pas vu le soleil en ce jour. On avait levé le seigneur aux premières heures afin de l’apprêter et de le parer des plus douces façons connues dans le royaume. L’affaire à elle seule, lui avait coûté la plus grande partie de la journée, au cours de laquelle on l’avait baigné, habillé, poudré, coiffé… Il n’avait jamais été friand de ces supplices esthétiques que lui imposait le protocole. Barbare jusque dans sa pensée, il songea qu’au moins, en armure dans la bataille, son apparence importait peu aux hommes lui faisant face.



Son habit et sa coiffe étaient conjugués de noir, de blanc et d’argent. Il se contempla. On le couvrit d’un millier de paroles toutes plus élogieuses les unes que les autres. Tout fut passé en revu : sa beauté, sa grâce, sa bonne tenue, sa puissance. Il ne fut privé d’aucune louange, chacun avait à parler de lui en ce jour qui parut une éternité au silencieux héritier de Konoha. Il n’avait eu aucune joie en ce jour, pas même celle d’entrevoir sa fidèle Tenten qu’il devinait retenue aux cuisines et aux décorations florales.

Quand enfin, après préparatifs, audiences, et collations on lui laissa le loisir d’un instant de solitude, il avait voulu s’étendre entre ses draps. Peine perdue, s’offrir un pareil bien-être lui aurait coûté les heures entières de préparation. Il s’emporta contre la charge pesante de son équipage qui lui ôtait sa liberté d’exercer le moindre mouvement. Alors que sortit d’entre ses lèvres un énième juron, ses portes s’ouvrirent sur une silhouette chérie qu’il n’avait pas eu l’occasion de revoir depuis un temps qui lui parut l’éternité.

- « Bien le bonjour mon cousin. Je m’en viens vers vous vous offrir mes plus sincères félicitations pour votre noce qui approche. »

Elle était là, resplendissant tel un joyau perdu dans la suie. Aussitôt, l’émotion de la voir se dessiner à ses yeux fit oublier au prince sa colère précédente. Ils étaient à présent seuls dans sa chambrée en sa compagnie, et remercia le ciel pour cette dernière entrevue intime qui lui était offerte. Tentant de se reprendre après plusieurs secondes perdues dans son mutisme, Neji se hâta vers la tendre épouse du Kage de Suna.


- « Ma tendre Hinata, que voilà le plus grand bonheur de vous revoir ! »

La dénommée Hinata ne put retenir un violent rougissement en sentant sa silhouette soudain pressée dans l’étreinte de son souverain. Dans la plus grande discrétion, il huma son parfum d’orchidée, frôla d’un doigt la peau satinée d’un bras, et s’offrit le luxe d’inhaler à moitié le souffle court de sa cousine, désormais pantelante.

Lorsqu’il se détacha, elle lui offrit son plus beau sourire en réponse.

- « Vous êtes resplendissant mon prince. Il est certain que tous les hommes de notre cour jalouseront encore une fois vos beautés ce soir
- Et vous, vous pourriez évincer ma promise de votre éclat Hinata. Vous êtes magnifique.
- Je ne me suis pourtant pas encore apprêtée, mais vos gentils mots me touchent, Monsieur.
- Cessez donc les formalités sans lieu d’être ma cousine, je vous aime tant que je n’aime point vous voir vous éloignez ainsi de moi par de simples mots »



Aimable et chaste, la jeune noble se fit violence pour ne point courir à toutes jambes loin de la belle personne qui lui faisait face. Jamais de sa vie elle ne l’avait trouvé si majestueux, si resplendissant. L’allure droite et le regard provoquant de l’homme l’avait faite succombée des années auparavant dans le plus grand secret, et la hantait bien plus en ce jour. Il avait dit l’aimer, d’une certaine façon, mais elle se garda bien d’en demander davantage sur la nature de cette considération car elle était une femme mariée, qu’il était lui-même promis, et que leurs deux vies étaient apparentées. Ne sachant que répondre sans se trahir, la belle se contenta d’un sourire poli qui rendit à leurs paroles l’espace qu’il convenait d’y avoir. Neji s’en renfrogna. Il en était toujours ainsi. Le moindre pas allant de l’avant le faisait reculer irrémédiablement l’instant suivant. Résigné à ne pas laisser sa tendresse lui gâcher la magie de l’instant, il demanda à se promener en la compagnie de sa parente. Elle céda sous les supplications silencieuses que lui envoyait le regard de l’être adoré.



Seuls dans les jardins, ils contemplèrent à leur guise les derniers voiles de neige fondre sur le marbre noir des fontaines. Laissant le temps délier leurs inclinations, ils se prirent à rêver du temps béni où enfants ils passaient ici des heures entières à jouer, faisant de leur mieux pour échapper aux surveillances des domestiques de la maisonnée. Hinata le couvrit d’attentions visant à protéger son apparence et son habit, lui, se remplissait le cœur et l’esprit de chaque parcelle de la personne à ses côtés. De la douceur du ton de sa voix, à la blancheur de sa peau se mêlant à celle de ses yeux, tout était apprécié comme le plus délectable des présents.

- « Reviendrez-vous me rendre visite après votre départ pour Suna ?
- Je prierai très fort, et jouerai de tous mes moyens afin d’écourter au mieux nos entrevues, Neji-san.
- Il m’est bien doux de vous entendre me nommer ainsi.
- Il est vrai que le protocole m’oblige à présent à vous appeler « Hokage-sama », ou « votre Majesté.
- J’ai tant de détestation pour ces titres lorsqu’il s’agit de vous les entendre dire.
- Ce n’est pourtant pas une grosse affaire…

- C’est une affaire très importante pour moi… » Un silence gêné s’installa de nouveau. Leurs peaux d’albâtres, d’habitude si pâles, furent rougies par l’afflux de sang trahissant leur confusion.

Le ciel, alors envahie de rouge, d’orangé, et de rose, annonça que ces instants seraient les derniers. Il n’était plus qu’une question de minute avant que l’on ne vienne chercher l’héritier de Konoha pour le mener à son destin.



Il n’y tint plus. S’agenouillant sur la pierre encore humide sans prendre de considération pour ses toilettes, il posa son visage sur les genoux de son aimée qui ne put retenir un hoquet de surprise. Choquée et secouée de violents tremblements, Hinata tenta de s’extirper. Il la retint.

- « Hinata… » Elle sursauta à nouveau. « Bientôt, je le sais bien, je ne te verrais plus… »
- « Quelles sont ces façons de vous exprimer Neji-san ? Vous me parlez comme à une roturière… Je ne puis tolérer vos affronts, quand bien-même vous seriez mon cousin, et malgré toute l’affection que je puis vous porter, il est de mon devoir de vous… !! »

Elle voulut continuer, mais ses lèvres ne le pouvaient déjà plus. Elle voulut crier, mais la force que l’homme mettait à déflorer ses lèvres la priva de toute échappée. Des larmes impuissantes vinrent pour seule expression de son sentiment. Il quitta sa bouche, la dévisagea. Dans ce regard semblable au sien, elle vit se refléter tout le tourment qu’était le siens. Son souffle était chaud, ses yeux à la fois emplis d’ardeur et de détresse. Elle ne tenta aucune résistance, et le laissa réitérer son geste, encore et encore. Le seul instant qu’il lui laissa de libre, elle n’était déjà plus qu’à lui, et ne put retenir un gémissement dans lequel le futur hokage retrouva son nom. « Neji-san… » Chancelante, la jeune femme passa une main dans la longue chevelure couleur de jais qui s’offrait à elle.



Ils se quittèrent brusquement. On avait frappé à la porte du Hyuga. Avant que n’arrive à leur rencontre le cortège de courtisans, les deux jeunes gens se dévisagèrent, perdus. Et alors que glissaient les grands panneaux de papier de riz, dans un seul et même murmure, leurs mots se mêlèrent.

Je vous aime



A cet instant, le vieil homme qui avait annoncé à son seigneur l’avancement de la date de ses noces entra à son tour dans le jardin, suivit du précepteur du futur hokage, et d’un petit groupe de suivants. Le doyen toisa son souverain d’un air méfiant, et lui commanda d’une voix ferme qu’il fallait à présent se hâter en direction du temple où la cour entière s’était réunie à l’occasion de l’union. Hinata salua son parent de sa plus belle référence, et lui souhaita le plus grand des bonheurs avant de quitter l’endroit. Neji, resté droit au milieu des légers flocons qui recommençaient à tomber, ne broncha pas. Quelque chose venait de se briser, et un sentiment de gâchis incommensurable lui étreignit la poitrine. Il songea qu’il aurait été bien mieux pour lui qu’il ne s’abandonne pas à ce moment, véritable arrêté dans le temps, où il avait baisé les lèvres de sa cousine bien-aimée. Il se rongea l’esprit en se remémorant leurs aveux. Ainsi donc il n’avait pas aimé seul, mais ils avaient aimés en vain. Ils avaient perdus le peu de temps qui leur était donné à se tenir loin l’un de l’autre, trop apeuré par le rejet et la honte associée à leur tendresse. L’idée aurait pu le rendre fou. Mais déjà, il se sentit trop épuisé pour essuyé la moindre colère envers qui que ce soit. Préférant en rester à ce bonheur moindre, il emboita le pas à son maître et à son précepteur, et les suivit le regard vide de toute chose, jusqu’aux portes du palais. Là, on le fit monter en calèche. Aucun recul n’était plus permit.



***





Le grand Temple Togakuchi de Konoha était le lieu où depuis la construction de l’Empire du feu on célébrait les naissances, les épousailles, et les funérailles des hokage. La tradition voulait que les mariages d’alliance se fassent au coucher du soleil, afin que dès les cérémonies passées, les deux époux s’attèlent à rejoindre les draps où serait conçu l’héritier. On expliqua tout la démarche à Sakura dans l’attelage la menant. Arrivée en secret aux arrières du temple, on la fit entrer par une porte dérobée dans le sanctuaire paroissial faisant face au grand édifice, où accompagnée de Dame Tsunade, la jeune femme pu reprendre ses esprits à la suite du voyage.

- « Je suis bien en peine que mon père n’ait pu faire le déplacement.
- Soyez sans craintes, le Seigneur Kintaro est un brave homme. Il saura repousser son mal comme il a toujours su si bien le faire envers ses ennemies.
- Pardonnez-lui les vies de vos terres qu’il a ôté.
- Notre bon prince est souillé des mêmes crimes, je ne suis pas digne de juger de ce genre d’agissements Madame. Votre frère sera-t-il là, comme convenu ?
- Oui. Quatrième sœur aîné et sa première fille ont-elles aussi fait le déplacement. Leurs nouvelles m’ont été envoyées par un de leurs domestiques, ils doivent déjà être dans le temple à l’heure qu’il est.
- Il est bien rare dans nos contrées de voir une famille si unie que la vôtre Madame. J’admire l’unité qui vous lie.
- Oh, ne nous idéalisez pas trop, Tsunade-sama. Ma sœur n’est ici que dans l’espoir de trouver un bon partit à son enfant, quant à mon frère, je sais bien qu’il vient en surveillance au nom de père. Ils craignent certainement un nouveau déshonneur, dotant plus que je n’étais pas destinée à cette vie-ci. Je suis pourtant bien heureuse de les revoir.
- Je pense qu’ils le sont tout autant que vous ne l’êtes Madame, ne tombez pas dans le défaitisme.
- Vous avez raison… Désormais, seul mon mariage avec Hyuga-sama compte, je ne faillirais pas à me tache.»

La bonne Tsunade acquiesça. Pourtant un trouble la hantait : sa protégée était encore, à son idée, une enfant chaste, et sans aucune connaissance des usages de l’amour. On lui avait assuré qu’elle n’avait pas à s’en mêler, que Dame Yamanaka était la personne qui instruirait Dame Haruno à ce genre de préceptes. Cela la rendait méfiante : elle savait Ino Yamanaka aussi sèche que les vieux pruneaux qu’elle affectionnait pour son déjeuner, et bien peu portée sur les choses de l’amour, pour la simple et bonne raison qu’elle faisait encore partie de ces gens que la vie et la tendresse avait déserté depuis trop longtemps pour qu’elle s’occupa d’offrir ses plaisirs à quiconque. Tsunade, quant à elle, avait été épouse et mère. Elle avait aimé, et savait tout de ce qu’un sentiment si fort pouvait conduire à faire, et à donner. Si aujourd’hui, le destin l’avait mené à servir la jeune fleur de Konoha, c’était parce que ce dernier s’était montré bien cruel en lui ôtant époux et fils à la guerre. Elle n’avait pas souhaité suivre les veuves de son village jusqu’aux couvents des montagnes, car elle était restée l’une de ces femmes attachées aux plaisirs de la vie, et que depuis la perte de ses amours, elle avait perdu toute foi en un quelconque Dieu. Elle avait alors prit la route, seule, n’emportant avec elle qu’une mule et quelques maigres bagages contenant linge et provisions. Les portes des nobles s’étaient toutes refermées sur son passage. Dans les maisonnées aux couleurs d’or, on avait plus d’attirance pour les jeunes chaires bien portantes que pour les femmes esseulées. Il lui avait été d’autant plus dur de trouver une place en maison qu’elle avait été affaiblie lors de sa marche jusqu’au centre de Konoha, et avait sur le bord de la route, perdu l’enfant de son défunt mari, dernière et maigre consolation qu’elle s’était trouvé pour renaître. La perte de cet enfant qu’elle ne retrouverait jamais, faute d’avoir perdu pour toujours celui qui l’avait enfanté, avait pourtant était la chance qui lui avait souvent fait défaut jusque lors.

Quand dans un dernier et vain espoir, elle frappa aux plus belles et plus imposantes portes de la ville, on la mena à l’héritier de sang, alors nourrisson, qui avait emporté avec sa venue, la vie de sa mère. Le protocole n’admettant pas un second mariage, l’actuel hokage avait fait quérir dans toute la contrée une femme capable d’allaiter son fils. Aucune n’avait fait le déplacement. Et lorsque Tsunade, encore fraiche dans sa trentaine d’années de vie, s’était fait connaitre, on l’invita tout de suite à nourrir de son lait le prince de sang, déjà sous-alimenté.



Le petit être s’était aussitôt goulument abreuvé à son sein, et ne l’avait pas quitté jusqu’à ce qu’arriva l’âge de le nourrir autrement. En remerciement de ces bons soins, Tsunade avait très vite obtenu une bonne place, d’abord au sein des domestiques, puis en tant que gouvernante du personnel. De même, étant déjà d’un âge à se faire respecter, elle n’avait pas eu à connaître les mauvais traitements des doyennes. C’était un fait, son arrivée au palais du Hokage avait été bénie jusqu’à ce jour, et elle s’en félicitait chaque jour. Elle remerciait la providence et non le ciel, mais était reconnaissante d’avoir pu vivre une vie sereine.



Mais à présent face à la future épouse de cet enfant capricieux dont elle avait été la mère de lait, elle ne parvenait à lui parler. Elle-même n’avait connu que l’amour, or sa magnifique demoiselle n’avait pour contenter son époux, aucun amour, ni même aucun bon sentiment d’affection. Il aurait été facile de lui enseigner la méthode à suivre, mais Tsunade était ignorante de la sensation que pouvait produire cet acte lorsqu’il n’était pas dicté par la volonté propre à l’être. Elle, elle n’avait jamais eu mal. Mais en serait-il pareils de la prêtresse du pays du vent ? Certainement la petite serait-elle effrayée, voir choquée. Peut-être se débattrait-elle sous la douleur que lui causerait le geste. S’en était trop, la gouvernante ne put tenir son silence plus longtemps.

- « Madame, il me faut vous parler justement de la tâche qu’il vous faudra accomplir à la suite de vos noces… » La demoiselle la dévisagea avec de grands yeux ronds. Elle ne s’attendait vraiment pas à ce que s’annonce à pareil moment, ce sujet.

- Vous savez Madame, cette nuit sera pour vous la plus importante de toutes celles que vous vivrez. Ce soir, le prince Neji et vous, allait concerter vos deux corps afin de concevoir un héritier, mais il faut que je vous apprenne certaines choses à propos de ces usages je le crains. » Sakura esquissa un sourire moqueur devant le trouble qui pour la première fois faisait tant hésiter la bonne Tsunade. A l’entente des petits gloussements de sa souveraine, la gouvernante la dévisagea, éberluée.
- « Tsunade-sama, vous n’avez pas à rougir de tout cela, mais je vous en prie ne vous donnez pas la peine de m’entrevoir à ce sujet, ma mère m’en a longuement parlé avant mon départ. Je sais les choses qu’il y a à savoir, quant aux autres, je les apprendrai s’il le faut. Soyez sans craintes, même les âmes les plus vertueuses savent le secret de leur conception. »



Les paroles taquines de la jeune fille firent rougir davantage sa suivante qui se trouva sotte de n’avoir songé à cela plutôt. Mais elle ne pouvait lutter contre cet instinct presque maternel qui l’étreignait à la vue de cette magnifique fleur, digne sacrifice que l’on offrait en cette nuit à un amant bien peu disposé à la recevoir.

Enfin, on entendit sonner le bal des cloches et des carillons annonçant l’arrivée du Hokage. Tsunade pressa Sakura de la suivre. Les deux femmes arpentèrent couloirs sur couloirs, et bien vite, elles débouchèrent sur une large salle où les dames d’honneur de la promise attendaient déjà. Une grande arche leur faisait face. La doyenne explique :
- « Prenez place derrière les prêtresses du temple, ce sont elles qui ouvrent votre cortège. Ne partez qu’une fois les mikos disparues de votre ligne de marche, vous êtes l’instant le plus attendu par tous ces gens au dehors, alors vous devez resplendir, seule au milieu de tous. Prenez garde à toujours respecter une démarche droite et mesurée. Votre regard ne doit toucher personne jusqu’à votre arrivée en bas de l’escalier où votre époux vous attendra.
Vous vous inclinerez profondément, genoux à terre, et lui offrirez ceci. » Se faisant, Tsunade glissa entre les mains de sa protégée un camélia blanc. « Lorsque l’époux reçoit le présent, vous devrez attendre qu’il vous relève de lui-même, ne remontez pas avant, vous feriez offense.
- Madame, il me semble que cela aurait été bien plus convenable si vous me l’aviez enseigné plus tôt.
- Soyez sans craintes, vous serez merveilleuse. Bien, lorsque l’époux relève sa promise, les cortèges se séparent en deux, chacun grimpant à une extrémité du grand escalier. Les gens en bas sont ceux de petites noblesses, et de rangs moindres. Les noces sont célébrées à la hauteur du temple en compagnie de la haute noblesse et des prêtres. Lorsque les serments sont achevés, vos gens se retireront, et vous devrez attendre que tous ait atteint la base du temple pour descendre à votre tour, cette fois au bras de votre époux. Un glas de gong annoncera le moment de descendre. Pour le reste, vous êtes déjà préparée.
- Madame !
- Oui Majesté ? »



Sakura, le cœur battant, se saisit des mains de sa protectrice et les embrassa tout en se courbant légèrement, à une hauteur encore respectable.

- « Priez pour moi mon amie, je ne me suis jamais sentie si seule
- Courage Madame, ne fléchissez pas alors que le monde à ses yeux tournés vers vous.
- Que les dieux vous entendent
- Madame, il n’est pas temps de croire aux dieux, mais en vous. Vous serez avant la tombée de la nuit, l’Impératrice des terres du feu. Adieu Madame. »



Sur ces mots, Tsunade s’éclipsa par l’endroit d’où elles étaient arrivées, et se pressa de rejoindre les rangs reliant le temple au sanctuaire où déjà tous les serviteurs du domaine, et toutes les gens de basses noblesses s’étaient rassemblées. Derrière les barrages formés par les gardes, un amas incommensurable de citoyens de Konoha s’était pressé afin de découvrir le visage de leur nouvelle souveraine, ainsi que d’assister à l’alliance sacrée des deux plus grandes puissances de l'Empire. Certains semblant venir de loin avaient installés leurs bivouacs dans les recoins les plus reculés du temple. Le brouhaha de cette foule que nulle n’aurait su dénombré acheva d’emballer les palpitations de la prêtresse. Cachée derrière quatre mikos portant à leurs bras des paniers d’osier contenant des pétales d’orchidées et de roses, la somptueuse promise vit son époux arrivé sous les acclamations enchantées et non-retenue de la population. La musique qui se joua était grave et déroutante. Si elle ne semblait pas faite pour une noce, elle n’en exprimait pas moins toute la dureté du personnage et de son empoigne. Arrivé en bas du temple, il se figea, droit et inexpressif. Une voix annonça l’intégralité de son nom et son titre. En suivit une cacophonie d’acclamations qui étonna Sakura. Si Neji Hyuga était un personnage connu pour sa main de fer et son goût des combats, elle n’en aurait jamais pensé qu’il puisse être un sujet tant admiré de son peuple. La musique changea non dans le tempo mais dans sa sonorité, se faisant alors plus joyeuse. Il esquissa un bref sourire que peu aurait pu apercevoir. Sakura en rougit.



L’habit de son époux était assortit au sien, à la différence que la ceinture était fendue en deux et noire. Par ailleurs, le noir était présent là où sur ses toilettes on avait préféré l’argent. Sa coiffe était superbe et mettait en valeur son visage d’Apollon, encadré de cette cascade sublime de cheveux noir. Pour la première fois depuis leur rencontre, elle se prit à admirer cette beauté froide, et comprit alors l’intérêt que pouvait parfois manifester Dame Yamanaka pour cet homme. Le vieil homme dont elle avait croisé la dispute avec le hokage s’approcha de ce dernier, lui-même pourvu d’un somptueux habit bleu nuit et argenté. Neji s’agenouilla avec modération, laissant l’homme lui baiser le front, une main posée à chaque extrémité du front du Kage. Il se retira. Un second homme le suivit. Il s’agissait cette fois du précepteur du Hyuga. Cette fois-ci, ce fut l’arrivant qui posa un genou à terre afin de baiser la main du régnant. Les deux hommes entamèrent la montée du temple, tandis que la suite des hommes qui avait accompagné le cortège masculin s’inclina l’un après l’autre avant de suivre l’ascension vers le sommet du temple.


Quand ils eurent tous disparus, alors qu’auparavant on entendait scander le nom du hokage et les félicitations, un coup de gong résonna dans tout l’espace, laissant place au silence. Neji lui-même se surprit à retenir son souffle. Tous attendaient. Placée aux premiers rangs des côtés, Tsunade, une larme à l’œil, se sentit envahie d’une joie non contrôlée, et dut faire appel à sa plus forte volonté pour ne pas courir étreindre la délicate fleur de Konoha.

Sakura tremblait, mais ne scilla pas un instant. Quand les mikos se mirent en marche, conformément aux instructions de Tsunade, elle leva doucement son pied, le posa en avant, et continua ainsi jusqu’à être vue au centre de l’arche. Là, une musique de flute, douce et envoutante annonça le début de son défilé.



Là, seule au milieu de ce long parterre de pétales de fleurs précieuses, vêtue de la plus merveilleuse façon, portant au creux de ses mains le présent pour son époux, elle se sentit forte, déterminée. Ne sourcilla pas un instant. Le visage encore couvert par un voile blanc, elle ne devinait même pas ô combien l’expression qu’elle affichait en cet instant était douce et sereine. On ne cria pas son nom, elle ne reçut aucun applaudissement, ni sifflement de joie, pas même une félicitation, et ne s’en angoissa pas. Elle se remémora simplement les mots de Tsunade lui conseillant de garder les yeux dans ceux de son époux, ceux de sa plus belle fierté. Oui, malgré sa réticence, elle était fière de l’accueil qu’il avait pu recevoir, de la beauté de son air plus détendue que ne le voulaient ses usages, et de l’alliance qu’ils s’apprêtaient à signer. Son trajet jusqu’à l’Hokage de Konoha dura un peu plus d’une minute.



Une fois qu’elle eut évalué que la distance entre eux deux fut convenable, elle s’agenouilla. Mais cette fois, un détail fit sursauter l’assemblée. L’éthique exigeait que la promise, notamment lorsque celle-ci venait de pays ennemi, s’agenouille sur les deux genoux en signe de profond respect et de soumission envers le dirigeant de Konoha. Or, la magnifique prêtresse n’en posa qu’un, se trouvant plus redressée que convenu devant son monarque. Elle baissa malgré tout la tête et tendit à deux mains le camélia à Neji.

Ce dernier ne le prit pas tout de suite. Il s’était sentit aspiré par la grâce de l’apparence de son épouse. Elle avait rayonné pendant un instant aux allures d’éternité tel un soleil du midi au milieu du crépuscule, vêtue de ses parures de pureté. Son souffle s’était coupé à la vue de sa chevelure couleur de rose flottant dans la brise, et s’était sentit pétrifié par la profondeur que ce regard, couleur de jade, avait acquis en si peu de temps. Pourtant, si ce dernier détail lui avait semblé plus déroutant que les autres, elle avait gardé cette expression de douceur et de probité propre à son être tout le long. Et à présent, il la retrouvait, ne s’inclinant pas assez profondément, comme voulant lui passer le message qu’elle ne serait jamais qu’à moitié soumise à son autorité. Cela lui déplut fortement, mais il chassa aussitôt l’idée de son esprit. Cette prêtresse qui était plus une fille qu’une femme à ses yeux, avait certainement mal compris la leçon. Il ne devait pas voir d’animosité dans tous ce qui la concernait, où leur alliance n’avait aucune raison d’être. Avec douceur, il cueillit le végétal d’entre les mains de son épouse, avant de le placer au cœur d’une coupe tenu par une prêtresse non loin d’eux. Il pivota de nouveau afin de redresser sa promise, et comme l’avait promis la bienveillante Tsunade, après que leurs regards se soient croisés par-delà le voile, leurs chemins prirent chacun une direction opposée.

La montée fut plus difficile que ne l’avait prévue Sakura. En effet, il leur fallait accorder leur pas sans jamais détourner le regard vers l’autre, et il lui fallut quelques secondes avant de réaliser que le grand gong que l’on avait ajouté à la marche nuptiale marquait chaque pas. En totale accordance, la jeune femme gagna sans plus d’encombre le sommet. Là elle y découvrit la foule de la cours parmi laquelle elle tenta de retrouver les siens sans grand succès. Neji se rapprocha pour venir gagner le milieu du sommet. Elle l’imita, se retrouvant à ses côtés. Hésitant, il prit sa main qu’il posa sur la sienne, la releva de façon à ce que chacun des présents puisse les voir, et ainsi mêlés, ils arrivèrent devant l’assemblée des grands prêtres du temple Togakuchi.



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